Lazhar Akremi: «Sous Ben Ali, les gouverneurs étaient Rcdistes, aujourd’hui ils sont islamistes ! »

Lazhar AkremiL’affaire du meeting de Nidaa Tounes à Sousse suscite de plus en plus la polémique. Le parti de Beji Caïd Essebsi accuse les autorités locales, gouvernerat, municipalité et délégation spéciale, d’avoir tout fait dans le but de saboter le meeting. Suite à cet incident, le propriétaire de la salle de cinéma dans laquelle devait se dérouler la réunion de Nidaa se trouve actuellement à l’hôpital et déclare avoir fait l’objet d’agression de la part des forces de l’ordre.

Sur Jawhara FM, le gouverneur de Sousse dément les accusations de Mohammed Khames Dabbou, propriétaire de la salle de cinéma, et assure ne lui avoir jamais téléphoné, ni exercé aucune pression sur lui, ni donné aucune instruction pour démolir son cinéma, chose qui relève de la municipalité précise-t-il. Aussi, il affirme avoir donné l’autorisation légale à la tenue du meeting de Nidaa et soutient vouloir ouvrir une enquête sur les faits rapportés par M.Dabbou et porter plainte pour usurpation des faits, vu que M.Dabbou affirme avoir été contacté par le gouvernorat. Il précise aussi que la partie démolie est en fait une construction externe au cinéma qui faisait office de garage.

Lazhar Akremi, porte-parole de Nidaa Tounes, intervenant sur les ondes de Jawhara FM au même moment que le gouverneur, donne un autre son de cloche à cette affaire. «Sous ben Ali nous avions 24 gouverneurs du RCD. Aujourd’hui nous avons 24 gouverneurs islamistes», affirme-t-il, avant d’ajouter que Nidaa Tounes avait vécu des incidents similaires avec le gouverneur de Gafsa qui avait fourni beaucoup d’effort en vue de saboter un discours de Beji Caïd Essebsi dans la ville.

Lazhar Akremi estime que cette manoeuvre relève de l’oppression et qu’il viendra un jour où ces oppresseurs seront aussi jugés comme l’a été Ben Ali. Il affirme que le pouvoir en place est adepte de ces méthodes, et ont recours aux gouverneurs, partisans d’Ennahdha, afin de réprimer les opposants. Des méthodes en contradiction avec leurs discours ajoute-t-il.

Interrogé sur les conséquences de cet incident sur la tenue de la conférence de dialogue national, Lazhar Akremi affirme que : «Le dialogue national est un dialogue des sourds, c’est un mensonge national. Ceux qui sont au pouvoir ne donnent aucun délai, ni date limite. Ils infiltrent l’administration, la police et la justice… Concrètement, il n’y a pas de dialogue national, c’est juste une manipulation pour pouvoir faire main basse sur l’appareil de l’État.»,
Il conclut en affirmant que Nidaa Tounes a officiellement porté plainte contre le gouverneur de Sousse.

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