Le site tunisien, tel que perçu par les bailleurs de fonds, aux Etats-Unis

BCT (photo - businessweek)La Tunisie a encore besoin de garanties pour continuer à bénéficier de taux réduits en vendant des obligations sur le marché de la dette extérieur y compris pour la partie en Sukuk et ce à partir de la fin de ce premier semestre. En effet, il faut savoir que le pays se doit de mobiliser encore des fonds, pour se protéger de la crise économique européenne, et promouvoir son développement, qui continue de marquer le pas, rapporte businessweek.

Besoin de fonds

La gouvernance actuelle le pourrait vendre pour 500 millions de dollars d’obligations tunisiennes, lors du 2ème semestre. Les États Unis vont lui prêter main forte pour lever ce montant, d’autant plus que la garantie américaine pourrait faire baisser significativement, le coût de l’emprunt, surtout que l’Europe dont la Tunisie est un partenaire prépondérant, menace de retarder, voire entraver, la transition vers la démocratie. D’ailleurs, l’assassinat de Chokri Belaid le leader de l’opposition, le 6 février a déjà provoqué la réaction des agences de notation. S&Pr’s a baissé pour la troisième fois la note souveraine du pays en dessous du seuil « investisseur », depuis déjà le printemps 2011.

Pour Fakhfah, le nouveau ministre des Finances, qui vient à peine de remplacer l’ancien, démissionnaire depuis le printemps dernier « le pays est encore en phase de transition et les risques (de dérapages) restent potentiels ». Aussi, attend t il de signer un protocole avec le Fonds Monétaire International (FMI) pour une levée de 1,8 milliard de dollars le mois de mai prochain. Les discussions avaient dû être reportées, en raison de l’assassinat de l’ancien leader de l’opposition, qui avait déclenché la crise qui devait mener à la démission de Hamadi Jebali l’ancien chef de gouvernement (remplacé depuis par Ali Laarayedh, ancien ministre de l’Intérieur). Jebali était l’homme choisi par Ennahdha, pour conduire le premier gouvernement post élections du 23 octobre 2011.

Finalisation imminente

Dès ce 8 avril, une autre équipe d’experts ira en Tunisie pour relancer les discussions à ce propos et ce, avant qu’une autre réunion, prévue à Washington cette fois, ne se tienne vers la fin du même mois. « Nous en sommes au point de la finalisation du programme » a annoncé Fakhfakh, ajoutant qu’il faut prendre conscience que « notre risque-crédit a augmenté de 39 points de base depuis ledit assassinat, alors que dans d’autres pays comparables au moyen orient, ce risque n’a pas dépassé 19 points de base, selon les données compilées par Bloomberg ».

Alors que le gouvernement est en train de décompter les effets de la crise sur la croissance au premier trimestre 2013, il escompte performer un taux de 4% cette année contre 3,6% en 2012. Cette croissance serait motorisée par les secteurs des mines, celui de la chimie, ainsi que du tourisme et de l’agriculture. Le déficit budgétaire est attendu à 5,9% du PNB contre 5,1% précédemment, en raison de l’accélération des dépenses, planifiées pour le développement des régions de l’intérieur et la création de plus d’emplois.
Il faut savoir, qu’il y a en effet, deux vitesses de croissance, entre les régions côtières et celles plus continentales de l’intérieur. Celles-ci, passant au second plan de priorité en termes d’infrastructures et d’investissements. C’est pourquoi « nous avons décidé d’y augmenter les investissements » a conclu Fakhfakh.

Croissance à deux vitesses

Il faut en effet, se rappeler que la révolution s’est déclenchée après qu’un vendeur ambulant s’est immolé par le feu, en protestation contre la pauvreté et le traitement injuste du régime de Ben Ali. Cette révolte a été le point de départ d’une vague qui s’est répandue dans le moyen orient, menant a l’éjection des leaders égyptiens, libyens et au Yémen tout en déclenchant la montée en puissance des groupes islamiques à l’instar d’Ennahdha en Tunisie et les frères musulmans en Egypte…

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