Non, le graffiti n’est pas un crime

Le 3 novembre 2012, Oussema Bouajila et Chahine Berriche, deux jeunes étudiants de la ville de Gabès, appartenant au mouvement « Zwewla » dessinaient des tags sur les murs. Ils furent interpellés par la police et, pris de panique, fuirent.

Le 5 novembre, ils sont convoqués au poste de police, et un procès fut ouvert. Le 6 novembre,ils furent convoqués une seconde fois, et accusés de :

  • Écriture non autorisée sur propriété publique
  • Violation de l’état d’urgence
  • Propagation de fausses rumeurs susceptibles de porter atteinte à l’ordre public

Ousemma et Chahine comparaîtront devant le juge le 5 décembre 2012, ils sont actuellement libres.

Ce procès a suscité l’intérêt des médias et des internautes, une chaîne de solidarité s’est forgée autour des deux jeunes tagueurs et du mouvement Zwewla, qui se veut porteur de la voix des pauvres et des démunis à travers les tags sur les murs de villes et des cités.

Beaucoup de gens pensent que ce procès incarne parfaitement le retour à la censure, porte atteinte à la liberté d’expression et de la création artistique, et que le graffiti n’est pas un crime. C’est d’ailleurs ce même slogan qui est utilisé dans la campagne de solidarité avec les deux tagueurs. Un comité de soutien a aussitôt été créé, composé essentiellement d’artistes,de journalistes,de blogueurs et d’internautes. Ces derniers disent qu’une telle répression n’a pas lieu d’être dans la Tunisie post-révolutionnaire, d’autant plus qu’elle est dirigée contre les jeunes, l’essence même de la révolution.

En marge des journées cinématographiques de Carthage, un flashmob a été exécuté devant la salle de cinéma le Colisée au centre-ville , afin de sensibiliser l’opinion publique sur la gravité de la situation et la justesse de la cause.

Des pages Facebook ont aussi été créées dans ce but, on y trouve tous les actions menées par le collectif Zwewla et ceux qui les soutiennent, et des informations relatives au procès.

En attendant le verdict, on continue d’espérer et de clamer haut et fort que le graffiti n’est pas un crime.

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