Société civile, hommes politiques, universitaires défendent le doyen Kazdaghli

Le pathétique feuilleton du procès Hbib Kazdaghli semble parti pour durer. Aujourd’hui, la deuxième audience qui intervient après la requalification du chef d’accusation, s’est soldée par le report du procès au 15 novembre prochain. Cette décision a été prise par le magistrat à la demande de l’avocat des deux étudiantes qui étaient présentes en tant que « plaignantes et accusées », nous a confié Maitre Bochre Belhaj Hamida.

La comparution du doyen de la FLAHM a été marquée par la présence d’une grande foule venue apporter sa solidarité à Habib Kazdaghli. Des universitaires tunisiens et étrangers venus d’Europe, des militants des droits de l’homme (Ben Moussa, Maître Nasraoui), des personnalités politiques jeunes et moins jeunes à l’instar de Ahmed Ben Salah, Ahmed Brahim, Said Aydi… mais aussi des intellectuels (Abdelwahab Maddeb), et des artistes (Jalila Baccar, Fadhel Jaïbi) ont investi le parvis de Tribunal de 1ère instance de Manouba dès 9 h du matin pour protester contre ce procès de la « honte » et dire par la même occasion leur attachement aux libertés académiques.

A la sorti de l’audience le doyen a été chaleureusement accueilli par tous ceux et toutes celles qui voulaient lui exprimer leur solidarité. Maitre Bochra Belhaj Hamida a déclaré qu’elle était « triste de voir deux jeunes filles engagées dans un combat politique qui n’est pas le leur. C’est quand même invraisemblable qu’elles se permettent de s’introduire dans le bureau du doyen… Cet acte dénote d’une absence de valeur. »

De son côté, Chokri Belaïd s’est dit scandalisé par ce procès dont l’aspect politique ne fait aucun doute : « C’est un procès d’opinion auquel on assiste aujourd’hui… Il est consternant d’observer que l’élite du pays est transformée en accusée et que ceux qui pratiquent la violence deviennent des victimes. Je me demande qui juge qui dans cette affaire ?» Raja Ben Slama, professeur d’arabe à la FLAHM rejoint le leader du Front populaire en exprimant son écœurement quant à cette tendance subversive, devenue saillante aujourd’hui et qui « consiste à transformer la victime en coupable, et le cas du doyen est exemplaire à cet égard. » Ahmed Brahim, figure de proue d’El Massar se félicite du rassemblement qui prouve à ses yeux « l’attachement des beaucoup de Tunisiens à des acquis fondamentaux, comme les libertés académiques ainsi que l’autonomie de l’Université qu’il faut conserver. »

Tous ceux qui étaient présents à ce procès estiment que le procès, à connotation politique, fait à Habib Kazdaghli constitue en fait une atteinte à la souveraineté de l’Université. Tous jurent qu’ils seront encore plus nombreux le 15 novembre prochain.

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