Enregistrement audio Jebali-Caied Essebsi : confidences partagées et avis semblables !

La mode est aux vidéos ou aux enregistrements audios à l’heure actuelle. Après le buzz de la diffusion de la vidéo de Rached Ghannouchi où il a fait des révélations sur ses véritables intentions politiques et ses convictions, voilà que l’on assiste aujourd’hui à la diffusion d’un enregistrement d’un dialogue entre MM. Beji Caied Essebsi et Hamadi Jebali. Une diffusion qui annonce une guerre médiatique entre Nidaa Tounès et Ennahdha.

Cet enregistrement était censé toucher à l’image de Béji Caied Essebsi et surtout ses positions sur certaines questions relatives notamment à l’extradition de Baghdadi Mahmoudi ou de certaines personnalités connues de la gauche comme Sihem Ben Sedrine et Radhia Nasraoui, cependant avalisées par Jebali. Match nul donc entre les deux protagonistes…

Mais que contient cet enregistrement ?

Le dialogue a eu lieu lors de la cérémonie de passation du pouvoir entre les deux premiers ministres lors de laquelle Béji Caied Essebsi a souligné l’importance d’assurer la continuité de l’Etat tout en insistant sur le fait que la réussite du processus démocratique est liée, et qu’il est nécessaire de réussir la seconde période pour préserver l’Etat et sa pérennité alors que Hamadi Jebali loua les qualités de Béji Caied Essebsi mettant en exergue sa longue expérience et le qualifiant de « notre père », que son confort matériel sera préservé.

Evoquant ensuite ses collaborateurs, Béji Caied Essebsi dit qu’il a travaillé avec les gens déjà en place a conseillé à Jebali de créer une bonne atmosphère de travail avec tout le monde. Ce dernier a dit qu’il allait garder quelques uns comme MM. Habib (lisez Essid) et Abdelkrim (lisez Zbidi) avant d’évoquer la question de la fonctionnalité des locaux du premier ministère et de leur exigüité. Au sujet, des collaborateurs, Béji Caied Essebsi a estimé que l’homogénéité entre le premier ministre et le ministre de l’intérieur est fondamental et nécessaire pour assurer la bonne marche des affaires de l’Etat. A ce sujet, Béji Caied Essebsi a considéré que Rajhi est catastrophique et qu’il n’avait pas les qualités pour ce poste.

Par la suite, la discussion a tourné autour de la question des attentes des citoyens que Béji Caied Essebsi a qualifiées de difficile à satisfaire vu que tout le monde voulait tout, tout de suite avant de critiquer lourdement le comportement de Mesdames Sihem Ben Sedrine et Radhia Nasraoui, accompagné du rire goguenard de Jebali.

Les dossiers les plus brûlants et les plus urgents ? C’est ce qu’a demandé Jebali à Caied Essebsi qui lui a dit que deux dossiers sont très importants et qui doivent être rapidement réglées. Celui des Salafistes et celui de Moncef Ben Salem, ministre de l’enseignement supérieur.

Les premiers sont apparentés à vous, s’est adressé Caied Essebsi à Jebali, et doivent être sanctionnés par la justice et non pas l’inverse. Là, l’ancien premier ministre parlait de l’agression qui a visé Nabil Karoui, devenu par la suite accusé alors qu’il est une victime. Quant au second, ses déclarations radicales, à l’époque il a traité Bourguiba comme d’espion français et de juif, le démontrent comme un extrémiste ce qui ne peut être toléré dans le milieu universitaire ; ce à quoi a répondu Jebali soulignant qu’il fait déjà l’objet de critiques au sein d’Ennahdha et qu’il est désormais interdit de déclarations.

Sur le plan des relations internationales, Béji Caied Essebsi a critiqué la position de l’Arabie saoudite qui n’a même pas daigné répondre à la demande de la Tunisie d’extrader Ben Ali alors que son ministre de l’intérieur, Emir Nayef, avait demandé la relaxe d’Abdallah Kallel ; demande rejetée par Béji arguant que le dernier mot appartenait ici à la justice. Quant au cas de Baghdadi Mahmoudi, Béji Caied Essebsi a souligné que son cas a été traité par la justice, et que vu les intérêts de la Tunisie, il a fait comprendre qu’il pouvait être extradé si les conditions d’une bonne justice existait en Libye. Des avis partagés par Jebali, apparemment convaincu des interprétations de son interlocuteur.

Beji Caied Essebsi a ensuite parlé des relations privilégiées avec l’Algérie, le Maroc, ou surtout la France qui demeure notre premier partenaire. Il a aussi parlé du Qatar, qui mettait à notre disposition 10 milliards de dollars, des Emirats, du Koweït…

Enfin, la discussion a porté sur le président de la république et sur ses pouvoirs qui sont très limités et qu’il ne pouvait faire des déclarations tapageuses qui risquent de porter atteinte aux intérêts de la Tunisie. Avis partagés entre les deux premiers ministres surtout en ce qui concerne son attitude vis-à-vis de la question de la chasse de la Hbara dans le sud du pays alors qu’il avait pris la (bonne) décision de la stopper vu qu’elle menaçait les équilibres environnementaux ; alors que dans d’autres situations, il n’avait qu’une compétence liée, autrement dit qu’il n’a aucune possibilité de refuser une décision émanant du gouvernement.

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