Les députés de l’ANC ne se privent de rien : primes et pensions pour une retraite dorée !

Les députés, ou du moins certains d’entre eux, ne se privent et ne veulent se priver de rien !

En effet, ils mettent tout ce qui est en leur(s) pouvoir(s) pour exploiter de la meilleure manière leur court ‘espérons-le) passage à l’Assemblée Nationale Constituante.  Ils viennent de déposer un projet de loi, approuvé déjà par 113 parmi eux, relatif à leurs droits et obligations en tant qu’élus du peuple.

En parcourant le projet de loi, on est frappé par la priorité accordée aux droits, les obligations ne faisant l’objet que d’un seul et maigre article qui dispose pompeusement que « le membre de l’ANC est chargé de défendre les objectifs de la révolution : la dignité, la liberté et la justice sociale et leur insertion dans la Constitution. »

Cette « défense » des objectifs de la Révolution va coûter cher au peuple tunisien puisque les dix autres articles de ce projet de loi se rapportent aux droits dont devraient bénéficier les élus.

De quoi s’agit-il ?

Eh bien, il s’agit tout simplement, et tout honteusement des primes et autres avantages financiers dont ils bénéficieraient.

Voici ce que prévoit ce texte.

Tout d’abord, et tout en soulignant que le fait d’être député ne constitue pas une fonction mais un travail national temporaire, le député bénéficie d’une prime mensuelle et d’une autre compensatoire pour couvrir leurs activités ; et qui peuvent être cumulées avec les pensions de retraite versées par la CNRPS pour  les députés retraités !

Outre ce cumul, le projet de loi prévoit qu’à la fin de son mandat, les députés toucheront une prime équivalente à 33% de l’ensemble des primes touchées pendant leur investiture, ce qui  ferait un joli pactole pour chacun d’eux. Il s’agirait d’une prime de retraite afin de leur permettre de vivre dignement, une fois qu’ils quitteraient l’hémicycle. En outre, ils auront droit à la pension de retraite une fois leur mandat achevé sauf dans les cas où il est réélu ou nommé à une fonction publique ou ayant une activité lucrative. Dans ce cas, il n’aurait droit à une pension de retraite que lorsqu’il atteint l’âge de cinquante ans !

Enfin, le projet de loi souligne que la révision de ces pensions sera faite dans les mêmes conditions que celle des agents de l’Etat avant de clore que cette loi ne concerne que les députés de l’ANC élus le 23 octobre 2011.

Si on ne voit pas d’inconvénient sur le principe d’obtenir une pension de retraite pour les députés qui ont atteint l’âge de la retraite, les autres propositions ont quelque chose d’indécent dans un pays comme le nôtre où des citoyens crèvent tous les jours de faim, ou trouvent un mal fou à joindre les eux bouts,  ou bien encore  cherchent désespérément à dénicher un travail pour vivre justement d’une manière digne !

Comment qualifier ces propositions sinon qu’elles sont indignes et immorales de la part d’élus qui ont obtenu la « confiance » du peuple pour lui assurer dignité, liberté et justice sociale comme ils le proclament.

 

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