Opinion – Jalel Brick condamné à mort ou l’hérésie juridique et dogmatique de la Fatwa politique

Un peuple qui appelle au meurtre de ses enfants, comme mon ami Jalel Brick, pour venger l’honneur de Dieu est un peuple dénué d’humanité et qui viole le Message du Prophète!

Il n’y a pas pire offense à l’Islam et pire crime contre l’humanité que l’intolérance, le fanatisme et les appels au meurtre au nom des valeurs du sacré tant pourfendus par Voltaire et condamnés par le Prophète. Nul n’est en droit dans l’Islam de s’arroger le droit, ou de prétendre détenir un imprimatur lui conférant l’autorisation de droit Canonique de s’ériger en défenseur es qualité de l’Islam et du Prophète. Seuls Dieu et son Prophète sont en droit de juger du caractère blasphématoire d’une action, d’une pensée. Il ne revient de droit à personne de jeter l’opprobre et l’anathème sur autrui du fait de l’absence de clergé au sein de l’orthodoxie musulmane. En l’occurrence l’Islam sunnite. Or, avec la wahabisation galopante des esprits, on assiste à une véritable inflation d’instances prédictives autoproclamées représentatives de l’Islam tels que le Conseil Européen de la Fatwa, le Conseil des Grands Oulémas et l’Union des Savants Musulmans présidée par le philonazi et imposteur de la foi musulmane Al Qaradhaoui dont le lieutenant est le terroriste jamais repenti R. Ghannouchi.

Ainsi, depuis 1991, au lendemain de la première guerre du golf, l’Islam orthodoxe fait plus que jamais aujourd’hui l’objet d’une véritable O.P.A. de la part des mouvements sectaires schismatiques et hérétiques , émanation de la Confrérie des Frères Musulmans égyptiens, financés conjointement par les wahabites qataris et saoudiens. Il n’est un secret pour personne en Tunisie que l’Emirat-confetti du Qatar, symbole de l’Islamisme ouvert, mais en apparence seulement, est le bailleur de fonds de la secte mafieuse, félonne et anthropomorphe d’Ennahdha, tandis que l’Arabie Saoudite, symbole de l’islamisme ultra rigoriste et fanatisé, est l’argentier du mouvement ultra-réactionnaire d’Ettahrir. Nonobstant le fait que les deux mouvements sectaires sont de surcroît partie intégrante de la nébuleuse islamiste.

Avec le retour en force de la religiosité dans la vie des musulmans, où tout se mesure à l’aune du respect inaliénable aux valeurs de l’Islam et l’attachement inconditionnel à ses symboles, la Tunisie ne peut déroger à sa culture politique musulmane. Aussi, Ennahdha, fidèle à son engagement idéologique hérétique ayant échoué ou plutôt feint d’avoir échoué dans sa tentative de faire passer la Charia dans le projet de la nouvelle Constitution tunisienne, a trouvé un nouvel angle de tir autrement plus perfide, abscons, redoutable et pernicieux, inscrire en lettres d’or les valeurs du sacré dans le projet de préambule de la nouvelle Constitution. Tout se passe comme si elle était le Grand Mufti, ou jurisconsulte, voire exégète de l’Islam, capable de définir juridiquement le champ du sacré, et de lui en donner un contenu. Comme si elle était investie d’une mission divine de sacralisation de la vie publique et privée des Tunisiens. Or, dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas du sacré dans le sens jurisprudentiel, qui touche à la vie quotidienne ou publique des croyants pour lequel on sollicite un avis autorisé auprès d’un juge ou mufti dans l’acceptation idéologique d’Ennahdha, il s’agit d’un sacré au sens politique du terme. Celui qui légitime et fonde la Fatwa de condamnation à mort, l’oukase de droit canonique, à laquelle est attaché religieusement le mouvement sectaire islamiste mondialiste. En l’occurrence, Ennahdha essaye de trouver un habillage juridique de nature constitutionnelle pour réprimer, opprimer et prononcer des sentences de mort sans qu’elle n’ait à formaliser des règles de procédures judiciaires en la matière. L’arme du sacré et son corollaire la Fatwa deviennent pour elle une arme de dissuasion et d’intimidation de ses opposants. Une espèce de Goulag qu’on brandit à chaque fois qu’il fois qu’il y a des tensions sociales ou politiques.

Une telle digression est d’autant plus importante, car elle permet en effet d’avoir une meilleure appréhension des organes émetteurs de la Fatwa, et la portée politique du phénomène de la Fatwa, Ainsi, la Fatwa dont est victime mon ami, ce pourfendeur des hérésies Jalel Brick, n’a aucun fondement juridique sérieux ni au sens du droit musulman ni au sens du droit international qui ne reconnaît pas le délit de blasphème, à supposer que l’on puisse le qualifier comme tel.

Sans m’étendre sur le sujet du blasphème auquel j’ai consacré deux articles parus sur le site de Tunisie news, « Jalel Brick et la paranoïa musulmane », et « Avec la Fatwa, les Tunisiens sont tous des morts en sursis comme mon ami Jalel Brick », l’on se doit tous de s’inquiéter des dérives inhérentes à la Fatwa politique, celle de la condamnation, dont les effets, ne cesseront que le contrat n’aura pas été exécuté. C’est pourquoi, Jalel Brick, qui est sain et sauf aujourd’hui, reste un mort en sursis, il est dans le couloir sans issue de la mort irréversible et foudroyante. Étant un de ses trois amis les plus proches, et si cela peut effectivement rassurer ses nombreux soutiens en Tunisie, je me permets de partager avec eux la joie dernier message à mon adresse daté du 28/06/2012 :

« Jalel Brick : ahla bik Salem, merci de ton amitié indéfectible « .

Il n’en reste pas moins comme je viens de le souligner, être sain et sauf ne veut pas dire que Jalel Brick est maître de ses mouvements, qu’il peut se déplacer à sa guise. Sortir de chez lui quand il le veut ou quand il peut. Même un détenu est plus libre de ses mouvements que mon ami Jalel Brick. Un détenu en prison est libre quelque part et sa vie n’est pas en péril. Même dans une prison, sa vie n’est pas en sécurité à moins qu’il soit dans une cellule de haute sécurité réservée exclusivement aux détenus les plus dangereux. Est cela le tribut qu’il devrait payer pour sa sécurité en se privant de sa liberté ? On peut atteindre à son intégrité physique n’importe où et n’importe quand. A moins de l’enfermer dans un bunker pour assurer sa sécurité, et encore, faudrait-il pour cela que son gardien ne soit pas pris un jour d’un délire messianique et ne cherche pas à lui porter le coup de grâce pour mériter du paradis. Jalel Brick doit vivre avec cette épée de Damoclès fatwaienne à chaque instant de sa vie et jusqu’à la fin de ses jours. Il est un mort en sursis, dont le seul tort, ni crime, ni délit, n’est celui d’avoir soi-disant offensé l’Islam, alors qu’il est lui-même un fervent musulman. Mais musulman malékite. Jalel Brick n’a aucunement visé l’Islam dans lequel il a vécu et éduqué, celui de ses pieux parents, Jalel Brick s’en était pris à cet Islam tel que le véhiculent les satanistes wahabites. L’Islam défiguré et dévoyé par la supercherie islamiste, un Islam rétrograde, inhumaniste, liberticide. Jalel Brick s’en était pris violemment et vertement à l’islam qui est une caricature de l’Islam du Prophète, celui de l’imposture, des faux dévots et des faux prophètes. L’Islam de ce Gourou illuminé de R. Ghannouchi. Un avatar d’Adolf Hitler. C’est moins Jalel Brick que l’on doit clouer au pilori, Allah est clément et miséricordieux, que R. Ghannouchi affublé du titre d’Habib Allah et glorifié comme s’il était un nouveau Compagnon du Prophète. Les vrais crimes contre l’Islam sont ceux perpétrés par ceux qui jouent au Père-fouettard en Tunisie, qui répandent la haine et sèment la terreur, qui propagent la division entre les musulmans, et non les paroles d’un homme dont l’amour pour sa patrie est le reflet de sa fidélité et son respect à sa religion. Nul n’est en droit à se faire porte-parole ou vengeur de l’Islam.

Dr Salem Ben Ammar – Anthropologue, politologue et juriste.

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