Opinion – Le RCD, le retour… Oups… c’est le Néo-Destour !

Samedi Béji Caid Essebsi lance son initiative et Enhadha agite le perpétuel épouvantail RCD. Rabâchage de la seule propagande dont elle dispose, tellement rébarbative, qu’elle devient un leitmotiv vide de sens ! Le RCD encore et toujours, le grand perfide revient hanter notre sommeil déjà overbooké par les salafistes. La pilule facile à ingurgiter, les ex Rcdistes sont la cause de tous nos maux, ils sont partout, à briser, brûler, tuer. Enfin pour caricaturer, tous les salafistes c’est le RCD déguisé pour nous terroriser.

On chuchote qu’Ennahdha est en train de préparer un projet de loi qui interdira l’exercice de la politique pour tous les ex Rcdistes.

Ennahdha dès quelle panique et ne trouve aucun argument à sa gestion destructive du pays, étant donné qu’elle a échoué lamentablement à gouverner la Tunisie sur tous les plans, célestes, divins et terrestres.
Elle agite l’épouvantail RCD, méthode tellement surannée qu’on commence à en avoir un peu plus que marre de l’entendre. Aujourd’hui c’est BCE qui en fait les frais, parce qu’il a osé rassembler autour de lui pratiquement toutes les forces qui peuvent revendiquer le statut d’hommes d’État.

Inutile de s’appesantir sur les joutes verbales de BCE et R. Abdessalam qui font le bonheur des médias. L’un accuse d’ignorance inqualifiable un ministre des A .E. qui croit que la capitale de la Turquie est Istanbul et que nos côtes s’étalent sur 500 km. Et ce dernier attaque BCE sur son âge canonique … To be continued.

Sur les réseaux sociaux des montages photos mettant en scène BCE comme le représentant du mal absolu, l’anti- messianique, qui va démolir cette nation. Des images partagées par les nahdahouistes et les anti-nahdahouistes.

Ennahdha a cette capacité inouïe de castrer mentalement les plus apolitiques d’entre nous, ceux qui méconnaissent très mal l’histoire de notre pays, même s’ils se réclament d’une certaine gauche ou des démocrates convaincus. Et a réussi, dans une certaine mesure de recruter parmi la gauche des détracteurs de BCE comme représentant encore viable du RCD. Chapeau bas, pour cette manœuvre des bas-fonds de la politique, pour casser un adversaire de taille.

Pour rendre à Bourguiba ce qui appartient à Bourguiba, il est clair que c’est grâce à lui que la Tunisie est telle qu’elle est aujourd’hui, enfin avant la prise du pouvoir d’Ennahdha et socialement parlant. On était tous des Tunisiens et fiers de l’être. Aujourd’hui on nous a stockés dans des cases différentes, les unes des autres. Cela n’a rien à voir avec la démocratie, mais, avec la scission qu’a instaurée Enahdha entre nous. On ne se reconnait plus, on ne s’accepte plus et on se juge. On revient au vieil adage : diviser pour mieux régner. Mais force est de constater que ça ne marche pas avec le Tunisien, plus on se divise plus ils ont du mal à régner. Qu’Ennahdha retienne, cette leçon d’histoire encore une fois donnée par un peuple qui ne se laissera pas faire.

Et pour rendre au néo-destour ce qui appartient aux néo-destour et qui fût le parti de BCE. Et avant que Zaba ne le transforme en RCD.
Le Néo-Destour qui comptait dans ses rangs, à part Bourguiba, Mahmoud El Materi, Tahar Sfar et Bahri Guiga etc. était le parti qui non seulement avait mis la les colons dehors, mais a aussi, construit le fondement d’un état moderne, à partir d’un petit bled perdu qui ne possède aucune ressource à part le blé. Et que les Français nommaient « le tas de poussière » !
Gardons à l’esprit aussi que ce parti s’est battu et a laissé des morts sur ce sol tunisien quand Peyrouton, ministre de l’Intérieur de l’époque coloniale ne cessa de l’affronter en 1938, 1943 et 1952. Des événements parmi tant d’autres qui ont permis l’indépendance de ce pays.

Facile de faire l’amalgame du Neo-destour avec le RCD. Penser que pendant 50 ans, nous étions sous le joug de la dictature, mais cela n’enlève rien à tout ce qu’a gagné ce pays en terme d’éducation, de santé, d’économie, de développement même s’il reste beaucoup à faire dans ce domaine et ce n’est certainement pas Enahdha qui nous mènera vers le progrès, mais, on s’achemine avec eux, irrémédiablement et surement vers la déliquescence.

Alors, le RCD devant ces vautours reste un bien gentil chérubin. Et ceux qui se réclame d’une certaine gauche, même les partis à l’égo démesuré qui ont refusé de rejoindre l’initiative, devraient penser à l’avenir du pays avant le leur, c’est ce qui est demandé aux hommes politiques et rien d’autre. Comme aucun homme politique dans le monde ne peut prétendre à la sainteté, ni à l’innocuité. Tout homme politique à des squelettes dans ses placards, nous devons l’assumer et arrêter de rêver à l’ange qui va venir nous gouverner. Notre choix doit se limiter aux actions de cet homme, à sa parole et à son respect de la démocratie, sans plus.

On pousse les agités du bocal via les réseaux sociaux, pour se déchainer contre X ou Y dans une ignorance totale de l’Histoire tunisienne, des hommes qui n’ont pas bâti un empire, mais un état souverain respectueux dans l’ensemble, de son peuple, si on écarte toutes les malversations connues jugés ou non. Nous sommes et nous ne serons jamais un pays gouverné par des hommes honnêtes. Ils n’ont jamais existé ! Une utopie véhiculée par tous les systèmes politiques dans le monde où règnent corruption et abus de pouvoir.

Et comme le dit si bien Naoufel Brahimi El Mili, (docteur en Science politique à Science Po, Paris) les printemps arabes aujourd’hui se résument au braconnage politique sur les terres des démocrates. Soyons lucides.

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