Hamadi Jebali : « les salafistes ont tort de penser qu’ils sont couverts par Ennahdha » !

Lors de la rencontre avec le premier ministre provisoire, diffusée hier en différé sur la chaîne de TV nationale, il a également été question de la montée de la violence. En effet, Jebali s’est montré intransigeant et a annoncé qu’il allait « siffler la fin de la récréation » dans l’espoir que cette fois–ci elle le serait pour de bon. Rappelons, pour la petite histoire, qu’Ali Laarayedh, ministre de l’Intérieur, avait déclaré au journal le monde, il y a deux mois, que l’affrontement avec les salafistes était inévitable. Devant l’aggravation de la situation, le journaliste, soufiène Ben Farhat, a imputé au général Rachid Ammar des propos similaires. Propos très vite démentis par le colonel et le ministère de la Défense nationale. Il y a une semaine, le ministre de l’Économie s’est prononcé dans le même sens en indiquant que la violence salafiste ne pouvait plus continuer.

Cependant, malgré ces prises de position des fois timides, des fois réconfortantes, l’attitude des autorités sur le terrain suscite le scepticisme. Dans sa réponse à cette question précise, le premier ministre n’a pas mâché ses mots.

Hamadi Jebali s’en est pris aux groupes salafistes qui s’adonnent à la violence, menacent la sécurité des citoyens et refusent de s’impliquer dans la vie politique, pensant à tort qu’ils sont couverts par Ennahdha. Ils se croient tout permis, se considèrent au-dessus de la loi et veulent imposer par la force leurs idées et leurs convictions. Des citoyens, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, subissent des agressions alors que personne ne les a mandatés d’agir au nom de la CHARIAA et personne ne les a chargés de faire régner la morale qu’ils prétendent défendre. Il a ajouté, dans le même esprit, que le peuple tunisien, attaché à son identité arabo-musulmane, s’était révolté contre la dictature et la médiocrité pour réclamer la dignité et la liberté, et que la véritable CHARIAA est celle qui garantit le bien-être et la justice, et non celle qui fait peur et apporte l’insécurité.

S’adressant à ces groupes, Hamadi Jebali a été bien au-delà de son discours antérieur à leur égard, en haussant le ton et en les mettant en garde contre les conséquences de leurs agissements. « Qu’ils sachent qu’ils ont tort de considérer qu’ils sont les protégés du mouvement NAHDHA et de penser que l’État est incapable de leur faire assumer leur responsabilité », a-t-il déclaré ouvertement. Pour le démontrer et le confirmer, des actions sur le terrain verront le jour très prochainement en vue de ramener la sécurité dans le pays et d’éloigner le spectre de la terreur que représente le danger salafiste. Il a néanmoins recommandé de ne pas amplifier le phénomène, car, d’après lui, la situation n’est pas à ce point dramatique.

La lutte contre la corruption n’est pas seulement l’affaire de l’État
Sur cette question, Hammadi Jebali a rappelé les mesures prises dans le cadre de la lutte contre la corruption dans l’administration, la douane et la justice. Il a regretté la grève ouverte décrétée par le syndicat des magistrats en réaction à la décision de révocation de juges corrompus, considérant qu’il est du ressort de l’Exécutif de mettre à l’écart tout fonctionnaire et tout agent de l’État impliqués dans des affaires de corruption. Il a ajouté que l’État a demandé au syndicat et à l’association des magistrats de lui fournir la liste des corrompus, mais n’a rien reçu.

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