Opinion – Les « Ness » au procès de Nessma

Le procès de Nessma est devenu un véritable « show »: Des modernistes, des salafistes, des avocats, des juges, des journalistes étrangers et locaux, des politiques, des prêcheurs et mêmes des stars des virages espérantistes et clubistes!

Les VIP au rendez-vous
Ce genre d’évènements est toujours l’occasion de voir et de revoir les têtes tunisiennes les plus connues et les plus médiatisées (c’est aussi l’occasion, pour certains, de se faire montrer).

Beaucoup d’avocats militants étaient présents, à l’instar de Abdelaziz Mzoughi ou encore Saida Garrach. D’autres figures devenues « incontournables » n’ont pas raté le RDV du procès controversé: les Hamma Hammami, Jawher Ben Mbarek, Emna Menif, Samir Bettaieb, Ahmed Brahim et autre Mokhtar Trifi ont aussi répondu présents.

Deux camps … Comme d’habitude !
Comme si la Tunisie était divisée en deux rives à chaque occasion:
Les salafistes et défenseurs de la religion (voir de Dieu) d’un côté, les modernistes et défenseurs de la liberté d’expression de l’autre (certains ont même fait le déplacement de Sfax), comme à l’accoutumée!
Les deux camps ont scandé des slogans hostiles au groupe adverse avant l’arrivée des « renforts ».

Et que l’ambiance de stade commence !
Avec l’arrivée d’une estafette et d’un pick-up muni d’une sono, l’ambiance s’apparenta rapidement à celle des stades … Et plus précisément à l’ambiance du « virage ». Le camp des barbus, comptant dans son rang quelques figures connues de nos stades. Lesquelles reprirent à merveille les chansons de l’EST et du CA pour en faire des chansons aux louanges salafistes et islamistes.
Un des barbus a même ramené son Bendir, tout ceci sous les yeux hébétés des journalistes étrangers !

La rue en mode « prêches »
On en a vu de toutes les couleurs. C’était un véritable spectacle. Après le mode « stade », l’atmosphère se chargea rapidement de ferveur avec les prêches de certains de nos amis barbus.
« On n’est pas contre la liberté d’expression, on est contre la profanation de notre religion » criaient certains, invitant les « défenseurs de Nessma » à les rejoindre « et à rejoindre le camp de Dieu ».
Les prêches se suivirent, mais ne se ressemblèrent pas, certaines « agressives » et d’autres « plus dociles ».

La police filtre l’entrée
Les agents de la police et de l’armée nationale étaient présents en grand nombre à l’extérieur du tribunal. Un premier barrage était placé à l’entrée principale et un second à l’entrée de la salle d’audience: seuls les avocats et les journalistes pouvaient y accéder. Les agents à l’entrée étaient stricts.
Beaucoup de personnes connues et moins connues traînaient donc dans le hall, s’échangeant quelques mots et cherchant à s’y « faufiler ».

Plaidoiries mouvementées!
Salle comble, ça frappait sur les tables, ça parlait « d’enfants traumatisés ». La plupart étaient debout et discutaient … Pendant que le juge, lui, (portant un brassard rouge) entendait les plaidoiries, le « public » s’impatientait. Les plus « branchés » étaient cramponnés à leurs smartphones et tablettes … Les rumeurs de non-lieu commençaient à se répandre.

Procès reporté, ne ratez pas le prochain spectacle
Pour tous ceux qui ont eu l’impression de rater quelque chose en lisant ces lignes, on vous informe que le juge vous a donné l’opportunité d’assister à un autre spectacle du genre … Venez nombreux la prochaine fois, le 3 mai, vous ne serez pas déçus !

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