Opinion – « Din ommi », « Din Baba  » : la religion de ma mère, la religion de mon père

Depuis que l’exilé de luxe, Gannouchi a foulé la terre de nos ancêtres, on ne sait plus, qui nous sommes ! Un nouveau vocable a fait irruption dans notre langage. « el Moutlahhi »- « el Mounaquaba » – « el salaf essalah « – « el salaf el jihedi »- « el moutedien » -« essafira » « el aoura » « kafer »  » fetwa », etc. Et ça ne cesse de revenir comme un leitmotiv empoisonnant toutes les palabres médiatiques ou pas, jusque dans nos rues, nos maisons, nos lits !

Que ce soit mes parents ou mes grands parents, aucun d’eux ne m’a jamais parlé des êtres humains de cette façon. On était tunisiens et on était musulmans. C’est tout.

Enfant, j’avais très peur de Dieu le tout puissant que je ne pouvais pas voir. Et paradoxalement, je comptais beaucoup sur sa miséricorde. Aujourd’hui j’ai très peur de ces gens que je vois. Ils parlent en son nom, récitent et psalmodient, proclament et déclament, prêchent et prônent ce qui devrait être et ce qui ne le doit pas. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? De quel monde parallèles ont-ils échappé ?

Qui leur a donné le droit de me parler de Dieu, le connaissent-ils mieux que moi ? Dieu leur a-t-il envoyé des messages pour nous guider vers leurs sombres abysses ? Ils profanent le mot, « Islam »- paix. Et tels des moutons de Panurge, les uns et les autres se suivent, guidés par le bâton du danger !

Serions-nous les premiers d’une longue liste de « El Foutouhat el islamia, le retour » Est-ce que notre révolution se résume à ça ? Parmi ces gens qui parlent un langage bizarre, aucun d’entre eux, criant liberté, n’a offert son torse aux balles pour finir étendu sur l’asphalte d’une rue !

Quand je les vois, ils ne m’inspirent aucun respect, mais la peur, la même peur, que m’inspire un fou au détour d’une rue. Ils ne réfléchissent jamais, ils parlent, parlent de ce que dit untel, d’après untel, d’après untel et ils expliquent que tous les interdisent, prohibent, professent ce qui est péché ou pas, le halal ou le haram.

Que le nom de Dieu reste sacré ! Qui les a délégués ? Ils ont dépoussiéré et feuilleté quelques livres, sortis des fins fonds des âges pour nous les exposer d’après une espèce de lecture qu’il leur est propre. Et veulent gérer nos vies avec ça, aujourd’hui en 2012 ?

On n’a jamais pu interdire les fous de parler, ni de nous gouverner. L’histoire en témoigne. D’Hérode 1er le Grand, surnommé le sanguinaire, en passant par Le Roi Charles VI surnommé le fou et pas plus loin de nous, un Hitler, Staline ou Mussolini. Chacun avait sa doctrine, son idéologie.

L’histoire est-elle condamnée à se répéter à l’infini ?

De nos jours, sous nos cieux et à notre époque, on s’apprêtait à concrétiser enfin cette phrase, qui nous est tant familière et étrange à la fois : Tunisie une démocratie. Mais quelques illuminés ont trouvé une terre, une nation libérée, encore vierge pour nous imposer ce courant de pensée, qu’on prenait pour moribond. Mais Ils l’ont ressuscité, après la plus belle des révolutions, pour le plus paisible des pays : Le panislamisme. Alors que le monde entier était convaincu, après bien des tueries et des massacres que religion et politique, restent la pire combinaison pour gouverner.

Le panislamisme ou le politco-religieux ou quand la nationalité sera juste : Musulmane. Et le Pays : musulman. Enfin les sans-drapeaux ! On se fondra dans une masse difforme comprenant aussi bien l’Afghan que le Saoudien ou le Qatari ou le Libyen…

Nous priver de notre indépendance en tant que nation liée par le même héritage socio-culturel : nos coutumes, nos traditions. On ne pourra plus dire ce plat est tunisien. On dira ce plat est musulman ! L’Oumma, qui avalera la Nation. Cette pieuvre lance ses tentacules toujours plus loin, toujours à l’aveuglette. Un cerveau limité, handicapé du aude sapere (ose savoir).

Ils veulent faire de nous, des anonymes, des sans-identités ne ressemblant à rien de concret. Nous englober dans une masse qui n’est pas la nôtre. Avoir comme seul lien, la religion. Mais cet unique lien, ne nous rapprochera jamais les uns des autres, mais nous éloignera encore plus. Je peux aimer mon prochain… Taliban s’il est loin. Ou pire un membre, d’al-Qaida qui se proclame du panislamisme

Notre révolution pour la liberté s’est transformée en révolution pour devenir des sans-identités. J’aurais préféré être un sans-papier dans un pays de koffar, portant quand même avec fierté, mon identité, même si je devais la dissimuler. Levant mon drapeau tout haut à chaque performance d’un frère tunisien, heureuse d’appartenir à cette nation.

Je veux garder, Din ommi et « Din Baba « – comme il est, sans rien changer ! Celui qui a permis à l’avenue de la Liberté d’exister. Elle commence par une mosquée, trois pâtés de maison plus tard, une synagogue et si tu continues plus loin tu trouveras un bar.

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