Le billet de Hatem Bourial – Enfants boucliers

Nous célébrons ces derniers jours la Fete du Savoir qui marque aussi bien la confirmation du choix stratégique de l’Éducation en tant que priorité nationale que la fin d’une année scolaire plutôt heurtée.

Les classes vont donc fermer pour l’été dans l’attente d’une nouvelle année scolaire et universitaire que nous souhaitons plus sereine.

Dans l’histoire de notre révolution, à deux reprises au moins , des enfants, parfois poussés par certains enseignants engagés, ont battu le pavé, provoquant la police et donnant aux manifestations protestataires une atmosphère surréaliste.

On se souvient ainsi que le grand rassemblement de février à La Kasbah avait vu une très forte présence de jeunes scolaires qui se sont retrouvés là par la volonté de leurs aînés qui leur ont soufflé la conduite à tenir.

Cela s’est ensuite reproduit en avril. Par quel hasard objectif des centaines d’enfants se sont-ils retrouvés sur les avenues de Tunis?

Pourquoi et par qui ont-ils été utilisés comme des boucliers humains appelés à paralyser le travail de la police ? Ira-t-on jusqu’à employer des enfants comme chair à canon ?

Beaucoup d’autres questions se posent quant à ce flagrant détournement de mineur. Qui est derrière cette inqualifiable gesticulation ? Qu’en est-il de la responsabilité des parents ? Cela va-t-il continuer à se reproduire ?

L’école, un acquis national, a payé un lourd tribut avec des établissements incendiés, des élèves tués lors de rixes, des attaques concertées contre les jeunes scolaires. Et, ce qui ajoute à ce tragique désormais dérisoire, c’est que beaucoup de ces enfants-manifestants pensaient que leur chahut générerait une année blanche. Pire, on leur avait fait croire que de cette manière, ils passeraient de classe automatiquement.

Alors que nous célébrons la Fete du Savoir, ces tristes réalités méritaient d’être rappelées. Pour dire que la société civile ne devrait plus se taire devant ces manipulations éhontées et ces apprentis sorciers qui prennent nos enfants pour des moutons de Panurge.

Un dernier mot. On ne cesse dans les médias de parler du « silence » de la majorité silencieuse. Mais qui parmi ces médias lui a donné la parole ? Et jusqu’à quand les intellectuels indépendants ou les travailleurs honnêtes seront exclus du débat par des médiateurs qui préfèrent la vocifération à la pondération ?

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