Mais que s’est-il passe hier au Kef ?

C’est ce que voudraient bien comprendre les tunisiens mais aussi le ministère de l’intérieur. Selon ce dernier, une enquête serait ouverte et un appel à témoins a été lancé pour recueillir le maximum d’informations.

L’agence Tunis Afrique Presse écrit que selon une source officielle du ministère, 1000 manifestants se sont rendus samedi 5 février au poste de police du Kef armés de cocktails Molotov et de pierres. Les forces de police ne disposant plus d’assez de munitions anti émeutes auraient envoyé des tirs de sommation dans un premier temps puis commencé à tirer sur les manifestants. Cette attaque serait survenue suite à l’acharnement de ces derniers. Le bilan fait état de 4 morts dont deux seraient morts sur le champ et 2 autres auraient succombé à leurs blessures dans la soirée, et d’une quinzaine de blessés dont 4 agents de la sécurité. Une voiture de police ainsi que des voitures de particuliers auraient également été incendiées.

Selon la chaine El Jazira, les manifestants étaient venus réclamer la démission du chef de police, Khaled Ghazouani. Cette demande avait été motivée par les agissements de la police du Kef qui ces derniers jours avaient frappé des femmes.

« Ghazouani a été pourchassé par des habitants et il s’est mis à tirer », aurait expliqué à l’AFP Jamii El Rabhi, un syndicaliste.

Selon la TAP, « le ministère de l’Intérieur, en coordination avec les unités de l’armée nationale, ont immédiatement procédé à l’arrestation du chef du commissariat de police du Kef et l’ont conduit au siège du ministère de l’Intérieur pour l’interroger concernant les circonstances de cet incident. »

« Des armes ont été saisies dans sa maison et aussi une grande quantité d’alcool », probablement destinée à la « contrebande », a affirmé a l’AFP M. Bouguera, un autre syndicaliste.

Ces incidents surviennent immédiatement après la nomination des gouverneurs par le ministre de l’Intérieur. Une polémique avait déjà été soulevée sur l’appartenance de ces derniers au RCD. Cette manifestation témoigne non seulement de l’inquiétude du peuple face au plan de réorganisation des gouvernorats mais malheureusement, renforce ce sentiment. Le ministère de l’Intérieur devra, en toute transparence, rendre un rapport détaillé sur les agissements de ces nominés et répondre par des sanctions à leur encontre.

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