Affaire CS Chebba : Le ministre des Sports menace de dissoudre le bureau fédéral

La décision prise dernièrement par la Fédération tunisienne du football (FTF) de geler les activités du Croissant Sportif de Chebba et de l’interdire de toute compétition au cours de la saison 2020-2021, ne cesse de faire couler de l’encre.

L’affaire risque de prendre une tournure politique, au vu des derniers événements que connaît la ville de Chebba, ce qui pourrait coûter très cher au football tunisien si la FIFA décide d’intervenir.

En tout cas l’affaire prend de l’ampleur jour après jour et dernièrement c’est le ministre de la Jeunesse et des sports Kamel Gueddiche qui est entré en scène et qui a haussé le ton face à la FTF et son tout puissant président Wadii Jary.

En effet, lors d’une séance d’audition à l’ARP, le ministre a affirmé que le principe d’indépendance des structures sportives n’est pas absolu et que le ministère pourrait intervenir et dissoudre le bureau fédéral en cas de grave dépassement.

Il a dans ce sens appelé la fédération à « revoir sa décision qui n’est pas légale, étant donné le fait que le gel de l’activité d’une équipe sportive doit être soumis à une réunion de l’Assemblée générale des clubs ».

Les déclarations du ministre peuvent-elles être interprétées comme une ingérence politique dans des affaires sportives ? En tout cas, la FIFA interdit toute ingérence du pouvoir politique dans les affaires des fédérations.

La réglementation de la FIFA énonce, et, notifie, en effet, que toutes les fédérations affiliées doivent gérer leurs affaires en toute indépendance, sous peine de se voir excommuniées de la scène internationale.

De fait, le pouvoir politique n’a aucun droit de s’immiscer dans les affaires de la FTF et la FIFA tout comme le CIO, n’admettent dans aucun pays que le pouvoir politique intervienne directement dans les affaires d’une fédération.

En décidant de geler les activités du Croissant Sportif de Chebba et de l’interdire de toute compétition au cours de la saison 2020-2021, la FTF avec, à sa tête, son puissant président Wadii Jarya, avait surpris tout le monde.

Pour comprendre ce qui se passe actuellement, il faut remonter à la saison 2018-2019 lorsque le Croissant Sportif de Chebba évoluait encore en Ligue 2. Champion de son groupe et donc promu en Ligue 1, le CSC refuse toutefois de disputer un match pour désigner le Champion de la Ligue 2.

Le CSC justifie son refus en expliquant que l’organisation de ce match par la Ligue Nationale de Football Professionnel arrive à un moment où la saison a été achevée depuis longtemps et coïncide avec la libération de plusieurs de ses joueurs.

Quelques mois plus-tard, le CSC refuse d’accorder sa voix à Wadii Jary qui se porte de nouveau candidat à la présidence de la FTF.

Pire encore, le président du CSC, Taoufik Mkacher décide même de s’attaquer directement à l’instance en entamant une action en justice civile pour vérifier les états financiers de la FTF. Jusqu’ici, Wadii Jary ne bronche toujours pas !

Au cours de la saison 2019-2020, le CSC devient la cible préférée de la Ligue Nationale de Football Professionnel qui ne l’épargne pas en lui infligeant une multitude d’amendes qui se sont accumulées au point d’atteindre les 203 mille dinars et de nombreuses sanctions administratives contre ses dirigeants.

Taoufik Mkacher exprime son intention de payer les amendes mais demande à la FTF l’échelonnement des paiements, ce que Wadii Jary refuse. Le CSC réplique et annonce son refus de payer plus de 200 mille dinars d’un trait.

Face au non règlement de ce montant, la décision a été prise par la FTF de déclarer le CS Chebba forfait pour la saison prochaine et de le remplacer par une autre formation. Une décision basée sur des arguments juridiques incontestables.

Etant dans son droit juridiquement, Wadii Jary n’a que faire de ce qui se passe désormais à Chebba, une ville en ébullition qui a perdu son maire et son Conseil municipal, démissionnaires et où a été décrété une grève générale.

Commentaires:

Commentez...