ARP : Des experts pour examiner les marchés publics de Valis dont Fakhfakh est actionnaire

L’affaire de soupçons de corruption et de conflit d’intérêts concernant le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh est loin d’être terminée. Les membres de la commission de la réforme administrative et de la bonne gouvernance à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) ont décidé de charger un expert d’étudier les dossiers présentés par le ministère de l’Environnement à cet effet, car les explications du ministre n’étaient pas convaincantes pour eux.

Un autre expert spécialisé en marchés publics sera chargé d’examiner le cahier de charge, y compris les modifications qui y ont été introduites, selon le président de ladite commission , Badreddine Gammoudi.

« Les marchés publics conclus avec la société Valis, dont le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh est actionnaire, sont conformes au décret 39 régissant les marchés publics au titre de l’année 2014″, a laissé entendre hier lundi 6 juillet, le ministre de l’Environnement Chokri Ben Hassen.

 » Toutes les étapes de conclusion des marchés publics ont été suivies, depuis l’élaboration des cahiers des charges jusqu’à l’opération de soumission et elles ont été décidées par la haute instance de la commande publique, a-t-il dit lors d’une séance d’audition tenue lundi au Parlement, par la commission de la réforme administrative, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et du contrôle de gestion des deniers publics, rapporte l’agence TAP.

Notons que le ministre qui intervenait, sur le dossier des soupçons de corruption relatives au marchés conclus entre l’Etat tunisien et la société Valis, étant donné que le ministère de l’Environnement est l’acquéreur public dans ce marché.

Le rapporteur de la commission, le député de Qalb Tounes Iyadh Elloumi a précisé que l’offre de la société Valis, n’est pas la moins chère, affirmant que le cahier de charges a été formulée sur mesure et les critères techniques ont été changés, Pour lui, le conflit d’intérêts dans ce marché a été prouvé, étant donné que le chef du gouvernement n’a démissionné de ses fonctions dans cette société, qu’au mois d’avril 2020 et il a été membre du conseil d’administration jusqu’à fin mai 2020.*

Le président de l’INLUCC avait estimé que Fakhfakh a violé la loi et la Constitution en assurant la gestion de trois entreprises alors qu’il exerçait ses fonctions à la Kasbah.

Tabib a ajouté que l’instance estime que les contrats signés entre les entreprises d’Elyes Fakhfakh et l’État devraient être résiliés, d’autant que ces contrats ont été conclus après sa nomination à la tête du gouvernement.

Plus de 70 députés avaient signé une pétition pour retirer la confiance au Chef du gouvernement. C’est Hsouna Nasfi, président du groupe parlementaire de la Réforme nationale, qui avait confirmé que 73 députés avaient signé la pétition pour retirer la confiance au gouvernement Fakhfakh.

Le ministre des droits de l’homme, des relations avec les instances constitutionnelles et la société civile, Ayachi Hammami, avait annoncé que le Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh avait lancé les procédures de cession de ses parts au sein d’une société qui offre ses services à l’Etat.

Une situation qui était vivement critiquée mais surtout illégale, selon le président de l’Instance nationale de la Lutte contre la Corruption (INLUCC), Chawki Tabib qui a expliqué que détenir des actions dans une société qui traite avec l’Etat est considéré comme un conflit d’intérêts.

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