Portfolio : Les quarantaines urbaines de Chehine Dhahak

Dans l’univers urbain, Chehine Dhahak sait déceler les équilibres et les failles qui font l’anonymat des êtres et l’omniprésence du béton.

Qu’elle photographie un mur aveugle, des édifices malmenés par le temps ou des silos à blé, cette artiste véritable restitue des volumes oppressants extraits du quotidien le plus banal.

Jouant sur toutes les nuances du noir et blanc, jouant sur la couleur brique qui offre un contrepoint rougeâtre au gris du ciment, Dhahak réinvente les friches urbaines et l’écrasement par la ville.

Parfois, comme la métaphore d’une survie laborieuse, un personnage voûté, la tête baissée, défait mais vivant, traverse ces déserts tressés de solitude.

Parfois, des éclats de couleurs viennent conjurer le vide par leur exubérance. Ce sont des vêtements exposés sur un étalage de fortune.

Parfois, c’est toute une famille recueillie qui surgit en contrepoint de ces paysages dépouillés, abstraits, parés d’une violence silencieuse.

Puis la déambulation continue sur les deux versants du jour. Jusqu’à l’anabase tant recherchée.

Superbes et signifiantes photos de Chehine Dhahak qui plus que jamais institue une dialectique de la lumière et de la structure, un jeu subtil entre l’individu et l’écrasement.

Une artiste à saluer !

Commentaires: