Mesures au profit des médias : Agonisante, la presse écrite lâchée par Elyes Fakhfakh ?

Il fallait agir pour éviter à ce secteur une crise inédite qui met en péril sa viabilité. Un conseil ministériel restreint, présidé par le chef du gouvernement Ilyes Fakhfakh a annoncé hier mercredi 6 mai, des mesures exceptionnelles prises pour soutenir le secteur des médias, notamment les établissements médiatiques, face à la crise du coronavirus.

Selon un communiqué publié par la présidence du gouvernement , il a été décidé que l’Etat prenne en charge 50% des frais de diffusion pour l’année 2020 de toutes les chaines radiophoniques et télévisées privées. Les délais de payement des frais du premier trimestre ont aussi été prolongés jusqu’au 30 juin 2020. L’Etat et les établissements publics s’engageront aussi à s’abonner dans les versions électroniques des journaux avec un budget de 1,2 million de dinars.

Un fonds de 5 millions de dinars sera créé auprès de la présidence du gouvernement pour le soutien de l’effort communicationnel de l’Etat en matière de campagnes de sensibilisation. Une somme de 5 millions de dinars relevant du budget de l’Etat sera aussi mobilisée pour financer le programme de mise à niveau du secteur et l’appuyer pour une meilleure intégration dans la transition digitale.

En revenant sur ces décisions, on s’aperçoit que la presse écrite semble être oubliée des agendas du gouvernement, même si les journaux ont été les plus touchés par cette crise, en raison de la suspension de la parution, de l’arrêt des revenus publicitaires et des ventes des titres.

En effet, aucune mesure exceptionnelle n’a été prise en faveur des journaux et des hebdomadaires, pire encore, ils seront privés d’une partie des revenus financiers dans le cadre des abonnements étatiques au profit des sites électroniques. La presse écrite avec tous ses titres, devraient partager avec tous les autres médias électroniques et audiovisuels un fonds de 5 millions de dinars destiné à soutenir la transition digitale des médias tunisiens.

Or, il est utile de rappeler que seule l’activité de la presse écrite a été suspendue lors de cette période de confinement total, contrairement aux médias audiovisuels et aux sites électroniques qui ont conservé leur activité, mais aussi leurs revenus publicitaires et ont réalisé des pics d’audience, l’opinion publique étant assoiffée d’informations durant cette période de crise.

Pourtant, selon un communiqué publié par la présidence du gouvernement , il a été décidé que l’Etat prenne en charge 50% des frais de diffusion pour l’année 2020 de toutes les chaines radiophoniques et télévisées privées, et les sites d’informations bénéficieront de fonds sous forme d’abonnements étatiques.

On apprend dans ce sens, qu’une colère et qu’un mécontentement vis-à-vis de ces décisions sont observés dans les rangs des journalistes et des responsables des journaux, il faut s’attendre même à des formes de protestations syndicales , d’autant plus que le secteur de la presse écrite agonise.

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