Peste et choléra : Une petite histoire des épidémies en Tunisie

L’histoire des épidémies en Tunisie peut être abordée selon toutes les époques historiques ou bien être sommairement présentée en fonction des siècles les plus récents.

Les sources sont nombreuses à ce propos et qui voudrait approfondir la question, pourra utilement se référer aux travaux de Jean Ganiage ou Lucette Valensi, pour ne citer qu’eux.

Les deux grandes épidémies du dix-huitième siècle

La Tunisie a ainsi subi cinq épidémies de peste durant le dix-septième siècle. Quant au dix-huitième siècle, il a été plutôt clément même si deux épidémies furent à déplorer.

En avril 1784, la peste arrive au port de Tunis. Un bateau en provenance d’Alexandrie ramenait des pèlerins dont une dizaine avait péri de la peste alors qu’ils étaient encore à bord. La maladie ne déclinera qu’au mois de juillet, après avoir emporté des milliers de victimes.

Toutefois, la maladie allait reprendre de plus belle en octobre. Les chroniqueurs de l’époque rapportent qu’il mourrait des centaines de personnes chaque jour à Tunis et partout dans le pays. Le reflux de l’épidémie ne commencera qu’en juin 1785.

Quelques années plus tard, au mois de mars 1794, la peste s’abat de nouveau sur le pays. Cette épidémie sera moins meurtrière mais son caractère endémique la fera durer plusieurs années.

Un dix-neuvième siècle éprouvant

Le dix-neuvième siècle sera le théâtre de plusieurs grandes épidémies qui mettront à mal toutes les régions du pays.

Une grande épidémie de choléra s’est déclenchée au début de l’été 1867 dans le Sahel puis s’est répandue vers Tunis où on déplorait vers la mi-juillet, 150 morts par jour.

En deux mois et demi, il y aura près de 5000 victimes à Tunis sur un total de 20.000 décès à travers le pays.

Auparavant, en 1818, la peste apparaît en Tunisie alors que le choléra s’abat à plusieurs reprises sur le pays en 1836, 1849 et 1856.

Ensuite, en 1869, le typhus allait frapper à son tour et fragiliser davantage un pays meurtri.

Le vingtième siècle ne connaîtra pas d’épidémie majeure alors que le système de santé publique s’améliorait sans cesse.

Les acquis du vingtième siècle

La Tunisie indépendante consolidera les acquis sanitaires de la période du Protectorat français et multipliera les investissements dans le domaine de la santé publique.

Aujourd’hui, face au péril du coronavirus, la Tunisie se mobilise et fait de son mieux pour prendre la mesure de cette pandémie qui s’est abattue sur la planète.

L’histoire moderne nous apprend ainsi qu’après des siècles où les épidémies étaient fréquentes, la Tunisie a pu bénéficier de l’ancrage de son système de santé publique.

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