Hédi Nouira: Quand son fils Chekib rapporte ses propos sur l’islamisme

Hédi Nouira: Quand son fils Chekib rapporte ses propos sur l’islamisme

Par -

Voici un texte édifiant ! Il a été mis en ligne par Chekib Nouira qui partage un écrit inédit et prémonitoire de son père à propos des islamistes et de leur instrumentation de la religion.

Hédi Nouira, dans ce texte, révèle le fond de sa pensée et informe l’opinion publique de son évaluation des islamistes, leur stratégie et leurs limites.

Écrit en 1991, ce texte est d’une actualité et d’une perspicacité saisissantes.
A lire et analyser en regard des enjeux actuels qui traversent le champ politique en Tunisie.

« Mon père, Hedi Nouira, Allah Yarhmou, durant sa difficile maladie, avait pour habitude d’avoir, toujours, près de lui, du papier et un crayon, afin, disait-il de « mettre de l’ordre dans ses idées » en les écrivant. Immédiatement après il déchirait son papier.

Un jour de 1991 , je suis allé passer quelques moments près de lui. Il était en train d’écrire. Quant il eut fini d’écrire deux pages, je lui ai demandé si je pouvais les lire. Après les avoir lues, je lui ai demandé s’il pouvait éviter de les déchirer et m’autoriser à les garder. Il acquiesca.

Je souhaiterais, aujourd’hui, partager ce texte avec vous :

Texte écrit par Mr Hedi Nouira en 1991

L’Etat et les Tunisiens sont de croyance, de statut, de tradition, d’adhésion et de culture Islamique.

Nul n’a donc, le monopole de juger de la façon dont ils pratiquent leur religion, à plus forte raison d’en capter le monopole.

Ceux qui veulent s’arroger cette mission, n’ont, ni la stature, ni l’envergure, ni le rayonnement et l’aptitude à le faire.

Dans tous les cas, il n’y a ni église ni ordres en Islam, et les titres que s’arrogent certains, sont, pour le moins, inconsidérés et douteux.

N’oublions pas que la cohésion du monde musulman à commencé à souffrir et à être battue en brèche, par ceux la mêmes qui, sous couvert d’interprétations très discutées et plus encore discutables, en vérité, nostalgiques d’un paganisme vivace, n’ont pu admettre que « les peuples de Darius » soient réduits à une croyance d’importation dont les arabes ont été le véhicule.

Au départ, ce fut un différent politique, (entre Ali et Moaouia), un problème d’Etat et de Société.

Est-ce à ce temps révolu que l’on veut revenir ? Attention !

Déjà, en Indonésie, le plus grand pays musulman, de même en Malaisie où l’Islam ne cesse de progresser, l’on sent progresser, depuis peu, une certaine réaction contre ce courant, du fait, précisément, d’une certaine arrogance, qui vient d’où vous savez et qui n’est ni opportune, encore moins légitime.

Sans compter la réaction d’un tout autre genre, il est vrai, qui se manifeste en Occident et qui nous rappelle certaines résurgences.

De tout cela, le monde Musulman et le monde arabe tout particulièrement, pourraient fort bien s’en passer !

À ces irresponsables qui bombent le torse et qui gonflent ce qu’ils peuvent avoir de biceps, de ce rendre à cette réalité, que le monde arabo-musulman est, encore sous-développé, divisé contre lui-même, à la merci de cet Occident, excédé et nostalgique d’une hégémonie qui se dégrade, à la merci, dis-je, pour son développement et même pour sa subsistance.

Si l’on considère encore que les Arabes se sont faits battre quatre fois par Israël, il y a lieu de méditer et de tirer rapidement les enseignements qui s’imposent et de réfléchir aux conséquences graves où nous entraîneraient les excès auxquels nous assistons un peu partout.

Les mosquées sont faites pour la prière et pour la méditation, pour porter la bonne parole, pour enseigner les préceptes de l’islam, pour inciter au comportement exemplaire et prêcher la fraternité.

Sur tout cela, tous les Tunisiens sont d’accord, absolument d’accord. Cependant, dès lors qu’on veuille faire des maisons de Dieu un théâtre de contestation, quelle qu’en soit la nature, on y introduit querelles et zizanies.

Ce n’est plus donc un problème de credo qui se pose, mais un cas de conscience qui s’impose, quant au virus qui génère, à court ou à moyen terme, la guerre civile.

Ici, le pouvoir gardien de l’ordre public, ne saurait rester indifférent, de crainte d’être un jour en présence de situations plus graves encore.

On ne saurait impunément transformer les maisons de Dieu, sanctuaire de paix et de méditation, en théâtre d’opposition voire d’affrontements entre musulmans sur tout autre chose que leur credo où tout est clair et n’a besoin d’intermédiaire entre ces musulmans et Dieu tout-puissant. »

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo