Abdelaziz Jemaiel : Une racine profonde de notre mémoire culturelle

Abdelaziz Jemaiel

Qui se souvient encore du grand Abdelaziz Jemaiel? Et pourtant, une maison de la culture porte son nom à La Marsa où il a vécu et son parcours unique fait de lui l’un des pionniers de la culture tunisienne.

Né en 1895, décédé en 1969, il y a cinquante ans, Abdelaziz Jemaiel ser au centre d’un hommage qui lui sera rendu le samedi 16 novembre à 16h30 à la station d’art de Bhar Lazreg.

C’est grâce à sa petite-fille Kalthoum Jemaiel que ce pionnier de la culture tunisienne a retrouvé les feux de la rampe. Elle lui a en effet consacré une biographie qui met ce grand homme dans son siècle.

A l’occasion du cinquantenaire de sa disparition, cette rencontre-hommage permettra de revenir sur les traces de ce précurseur de notre mouvement culturel.

Plaque commémorative au seuil de l’atelier

Car Jemaiel est l’une des racines invisibles de notre vie culturelle d’aujourd’hui. Surnommé « cheikh el fannanin » c’est à dire le cheikh des artistes, il a en effet été le premier en 1916, à créer un conservatoire de musique dans son atelier de luthier de la rue Sidi Mefredj, dans la médina de Tunis.

Précoce, son initiative précédait de plusieurs années et de plus d’une décennie celle de fonder la Rachidia, cet institut de la musique tunisienne.

L’atelier de luthier de Jemail

Luthier, Abdelaziz Jemaiel a aussi été le mentor de plusieurs des artistes de la génération des années cinquante, à l’image des frères Ahmed et Ridha Kalai ou d’Ali Riahi.

Son atelier s’était en ces temps lointains taillé une telle réputation qu’on finit par le surnommer la « zaouia fannia », le marabout des artistes.

Dans son livre sur la vie et l’oeuvre de son aieul, Kalthoum Jemail relate ce parcours de musique et raconte en arrière-plan l’histoire d’une ville. Plusieurs témoignages complètent ce livre qui a été publié en arabe et en français et que son auteure présentera ce samedi 16 novembre.

C’est aussi en musique que se fera cette présentation d’un artiste singulier. En effet, le luthiste Noureddine Ben Jallel sera également de la partie pour initier aux arcanes du luth l’auditoire qui viendra écouter Kalthoum Jemaiel.

Une soirée de la fidélité et de la reconnaissance qui vient à point pour le jubilé du cinquantenaire de la mémoire bénie du maître des artistes d’une époque où plongent nos racines.

 

H.B. 

 

 

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