Des Subsahariens « vendus » comme des marchandises en Tunisie !

Des Subsahariens « vendus » comme des marchandises en Tunisie !

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CP : FETHI BELAID / AFP

En 2019, l’esclavage persiste en Tunisie, alors que le pays se vante d’avoir mis en œuvre une loi contre le racisme et toute forme d’exploitation et de traite des personnes.

Des Subsahariens de diverses nationalités, notamment des Ivoiriens, continuent à être « vendus » comme des marchandises à des familles tunisiennes, qui les exploitent inhumainement.

En effet, un réseau de malfaiteurs s’activant à Tunis et dans d’autres régions est impliqué dans de nombreuses affaires de traite de personnes, de séquestration, de torture et d’exploitation.

Selon une enquête diffusée sur Elhiwar Ettounssi, ce réseau « vend » des Subsahariens dont notamment des Ivoiriens à des familles tunisiennes ou les « loue » à des chantiers et des fermes pour être exploités.

Le modus operandi du réseau est très complexe : Il s’agit en premier temps de proposer à des Subsahariens de faux contrats de travail en Tunisie, une fois arrivés, ils seront séquestrés, malmenés et même torturés avant d’être « vendus ».

Ce réseau qui est composé de Tunisiens et d’un Ivoirien est parvenu à vendre certains Subsahariens à 1500 ou 2000 dinars à des familles ou des chantiers dans différentes régions du pays.

Ces malheureux finissent par travailler des mois et des mois sans aucun salaire et dans des conditions atroces. Un Ivoirien évoque même le fait qu’il soit obligé de travailler 13h par jour sans aucune rémunération.

La présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes, n’a pas, à plusieurs reprises, nié l’existence de ces cas de traite de personnes en Tunisie.  Il y a quelques semaines,  elle a fait savoir qu’en effet, un intermédiaire s’activant dans des réseaux de traite de personne aurait « vendu » une Ivoirienne à une famille tunisienne, contre une somme d’argent, estimée à deux mille dinars.

« La concernée réclame la légalisation de sa situation en Tunisie, et notamment l’octroi d’une carte de séjour » souligne Laabidi.

Rappelons que dans le cadre de la lutte contre les trafiquants de migrants, l’Instance de Lutte contre la Traite des Personnes (ILCTP) a été officiellement mise en place, en février 2017.

Son but est de « cibler les réseaux cherchant à exploiter des enfants, des femmes et tous ceux qui sont dans une situation de fragilité, comme les migrants ».

Cette instance veille à prévenir et réprimer « le recrutement, le transport, le transfert, le détournement, l’hébergement ou l’accueil (…) par le recours ou la menace de recours à la force », selon la même source.

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