Violence juvénile, il faut mettre le holà !

Violence juvénile, il faut mettre le holà !

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Tribune | Par Mohamed Habib Salamouna, professeur de français

[ Les 5 millions de touristes qui ont visité la Tunisie cet été ne sont pas les seuls à l’avoir remarqué : la progression de l’insécurité est devenue spectaculaire. Et ce sont les plus jeunes que l’on voit en première ligne. Comme coupables, bien sûr. Mais aussi et surtout comme victimes.]

Désormais, statistiques ou pas, la vérité n’échappe plus qu’à ceux qui refusent de la voir, par angélisme ou par démagogie. Elle n’est peut-être pas encore aussi affolante que l’ont affirmé certains médias occidentaux, mais elle est à coup sûr beaucoup plus « inquiétante » (ainsi l’a reconnu l’Institut Tunisien des Études Stratégiques, ITES) que ne l’imaginent trop de nos dirigeants, abusés par la super-protection dont bénéficient les milieux dans lesquels ils évoluent.

La réalité, pour l’ensemble de nos autres concitoyens, c’est la crainte constante de retrouver leurs logements cambriolés ou leurs voitures dévalisées, le stress dans le métro ou les trains de nuit, la peur que leurs enfants soient frappés ou rackettés à l’école, l’inquiétude permanente que suscite la traversée des quartiers souillés, tagués, vandalisés, où traînent des bandes de loubards aussi bruyants qu’agressifs. Et l’amère constatation que leurs libertés les plus élémentaires sont quotidiennement bafouées, au mépris des lois et du respect de l’ordre.

Car ce ne sont pas les lois qui posent chez nous problème, mais leur non-application, l’incessant recul du « seuil de tolérance » envers des délits normalement passibles de sanctions pénales, et son inévitable corollaire : la continuelle aggravation de ce que les délinquants s’enhardissent à faire.

Surtout s’ils sont mineurs. Donc informés qu’à moins de commettre un meurtre, ils peuvent être arrêtés une bonne vingtaine de fois par la police avant d’être enfin présentés devant un juge, qui se contentera le plus souvent de les admonester, eu égard à leur fallacieux statut de « primo-délinquants ».

Non, tout n’est pas la faute des lois. Ni encore moins de celle des « jeunes » en général, dont on ne répétera jamais assez qu’ils sont les victimes privilégiées de la minorité d’entre eux (moins de 5%) qui les terrorisent, les rackettent, les empêchent d’étudier dans le calme ou d’assister à un concert sans y risquer un coup de couteau ; sans même parler du trafic de drogue et autres menaces gravissimes qui pèsent en permanence sur les malheureux habitants de ce qu’on appelle, par litote, un « quartier difficile ».

Ce sont d’abord ceux-là qui sont déjà les plus en difficultés qu’on abandonne à chaque fois qu’un crime, une fraude ou un délit est laissé volontairement impuni. Qu’on abandonne, et qu’on pousse en prime sur la voie de la délinquance. Et c’est surtout comme cela, pour cela, que le phénomène n’arrête pas d’empirer.

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