Jazz à Carthage : Quand le PMJ Tour démarre en Tunisie !

Jazz à Carthage : Quand le PMJ Tour démarre en Tunisie !

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Le Postmodern Jukebox (PMJ) a littéralement enflammé l’auditorium du Carthage Thalasso Resort vendredi soir lors d’une soirée à guichets fermés.

De bout en bout, les musiciens et interprètes de cette formation américaine n’ont pas failli à leur réputation et ont conquis le public très nombreux, venu à leur rencontre.

On était bien loin du jazz pour croulants avec une moyenne d’âge d’une trentaine d’années pour un public clairement fan du groupe et de son concept.

Il y a peu, la petite équipe de PMJ travaillait dans une cave dans le Queen’s à New York. C’est de là que sont parties les vidéos du groupe et, nul ne le savait alors, elles allaient conquérir la planète.

Ces jours héroïques, les artistes se nourrissaient de « falafel » fournis en contrepartie de leur musique. L’anecdote est doublement savoureuse et résume bien l’incroyable success story de cette formation qui réunit un combo de six musiciens, quatre chanteurs et une danseuse.

Dans une débauche de costumes et de voix puissantes, PMJ a interprété plusieurs standards contemporains selon un dispositif d’une efficacité déconcertante. La chanteuse Danny Jack faisait office de madame Loyal et introduisait instrumentistes et interprètes qui, passé leur tour de chant, laissaient la place puis revenaient dans de nouveaux costumes sur fond de lumières rutilantes.

La machine était si bien huilée qu’on aurait dit les deux heures de concert (avec plusieurs rappels) passées en trente minutes. Le jukebox vous emportait et la succession de standards connus faisait le reste. La salle reprenait en chœur et les musiciens s’en donnaient à coeur joie.

Automatismes convaincants, alternance des rythmes, complicité des artistes, le tout agrémenté d’un savoir-faire remarquable. Le show dans tous ses états ! That’s Entertainment, comme disent les Américains…

Trois points méritent d’être mentionnés à propos de ce concert:

– PMJ se produisait pour la première fois en Tunisie et même en Afrique. Pour les musiciens du groupe, ce concert restera un moment de référence dans leur carrière.

– PMJ entamait avec ce concert carthaginois sa nouvelle tournée qui mènera la formation dans plusieurs villes à travers le monde. C’est tout bénéfice pour notre pays que d’être le point de départ de cette tournée internationale. Un point à mettre à l’actif de Jazz à Carthage qui, demain, pourra capitaliser sur ce fait précis.

– Le public de cette soirée et de Jazz à Carthage en général est pleinement cosmopolite, international, branché et vibrant de toutes les musiques. Un public en or qui est le meilleur argument du festival et mérite une belle ovation.

D’ailleurs, surpris par l’adhésion à leur projet, les musiciens de PMJ ont ovationné le public dans un magnifique moment de communion. En ce sens, ce qui liait le public et les artistes, c’est leur « appartenance » conjointe aux synergies des réseaux, à la toute-puissance de la vidéo et à une sorte de « crowd effect » qui transcende les frontières et réunit les communautés virtuelles.

Ces dernières, lorsqu’elles se retrouvent dans le monde bien réel se reconnaissent, instaurent la célébration du moment, se retrouvent dans la vigueur de la musique.
Car ce vendredi à Carthage, la fête était clairement postmoderne, tendance nouveau siècle et brassant toutes les musiques du passé et du présent.

C’est connu: du jukebox jaillit la musique, de la musique naît la joie et cette ferveur mène à tout. Au final, peu importent les répertoires, la transe des danseurs et la virtuosité des artistes. P

MJ a su créer un moment comme suspendu dans le dédale de nos oreilles, une fresque musicale déployée par-delà le rêve et la réalité, une forêt de symboles au coeur de laquelle le public a su trouver son chemin.

En un mot comme en mille: une soirée exceptionnelle et je pèse mes mots! Et en post-scriptum, qu’on me permette d’ajouter que j’aimerais tant retrouver cette joie palpable et cette ardeur dans nos grands festivals dont les rides deviennent si profondes quand on les compare au dynamisme de Jazz à Carthage…

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