La justice a perdu ma confiance, et ce, depuis longtemps

La justice a perdu ma confiance, et ce, depuis longtemps

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Tribune | Par Khaled Ferid BENSOLTANE – Maitre en Droit Public & International

révolution1La justice a perdu ma confiance, et ce, depuis longtemps. C’est regrettable, toutefois, j’ai beaucoup d’estime pour certains Magistrats honnêtes et intègres notamment, Monsieur Ahmed SOUAB, Juge au Tribunal Administratif de Tunis,

Mais il n’y a pas que la Justice qui a perdu ma confiance, le système politique Tunisien, tout entier, a perdu à mes yeux, toute sa crédibilité.

C’est un constat amer depuis des années. La  » Révolution » avez-vous dit ? Mais de quelle « Révolution » parlez-vous ? Celle des constituants de 2011, qui, ont procédé à un coup d’ETAT, juridique, institutionnel, en dépit de la volonté populaire.

Pour mémoire, les citoyens Tunisiens ont été appelé à voter, à élire une Assemblée Nationale Constituante pour une durée d’une année, or celle-ci s’est maintenue au pouvoir pendant 3 ans !!!

Les coups d’Etat ne sont pas forcement militaires, et la Révolution Tunisienne a connu un autre type, de coup d’Etat, plus pacifique, certes, mais illégal dans sa nature juridique, il y a eu aussi le coup d’Etat médico-légal !! en 1987 à l’insu de Feu Habib BOURGUIBA, et ce par, BEN ALI.

La légitimité Révolutionnaire, la souveraineté nationale,sont au-dessus de toutes les Lois et c’est cette souveraineté qui a été violée par les députés de l’Assemblée Nationale Constituante après un an d’exercice,délai, maximum de son mandat électoral.

L’IVD (Instance Vérité & Dignité) a t-elle été saisie d’une plainte concernant l’attitude des 217 députés de l’ANC (Assemblée Nationale Constituante), qui à mon avis, devraient eux aussi présenter leurs excuses au Peuple Tunisien ?

N’y a t-il pas une certaine impunité ? C’est trop facile de tourner une page sombre de l’histoire de notre pays sans une véritable réconciliation avec la classe dirigeante ?

Celle qui a légiféré pendant 3 ans à l’insu de la volonté populaire, à l’insu de la légitimité Révolutionnaire !!!

Un retour en arrière s’impose pour rafraîchir la mémoire de ceux qui nous ont gouverné durant cette page sombre de l’histoire de la Tunisie contemporaine (2011 -2013).

Force est de constater que l’un des principes de la Révolution n’a nullement été respecté, à savoir, la RUPTURE avec tous les symboles de l’ancien régime de BEN ALI.

En effet, la Tunisie a été Gouvernée en 2012 par un Président de la République (Fouad MBAZAA) qui faisait office de Président de l’Assemblée Nationale Tunisienne sous le règne de BEN ALI !!! Monsieur MBAZAA n’est t-il pas un des plus grands symboles du régime dictatorial de BEN ALI ?

L’Assemblée Nationale Constituante composée de 217 députés, a t-elle rompu avec les symboles du régime de BEN ALI en élisant Monsieur Fouad MBAZAA en qualité de Président de la République ? La réponse est certainement NON.

N’y a t-il pas dans cette élection une TRAHISON aux principes de la Révolution Tunisienne ? Le même raisonnement pourrait s’appliquer à Monsieur Mohamed GHANNOUCHI, reconduit dans son poste de 1er Ministre, ainsi que la quasi-totalité des Ministres de BEN ALI ?

A t-on rompu là aussi, avec les symboles de l’ancien Régime ? NON. Même le 3ème Gouvernement d’après la Révolution, celui de Monsieur Béji CAID ESSEBSI, comptait parmi ses membres, certains Ministres de BEN ALI !!! Encore une hypocrisie, une trahison.

Alors, dans tout ça, où est la RUPTURE avec le Régime de Ben ALI, me diriez-vous ? N’a t-on pas trahi un des slogans de la Révolution ?

Les historiens écriront vraisemblablement cette page sombre de l’HISTOIRE DE DE LA TUNISIE, pour la mémoire collective, pour nos enfants et les générations à venir.

Le bilan de tous les gouvernements n’est nullement satisfaisant. La Tunisie s’enfonce d’avantage dans ses dettes, nonobstant l’absence d’une vision globale d’une politique à court, moyen et long terme.

Tous les Gouvernements, y compris l’actuel, celui de Mr.Youssef CHAHED, semblent avoir et continuent à naviguer à vue, sans aucune véritable stratégie et encore moins un modèle économique tracé pour la Tunisie de demain, de 2050.

La conférence Internationale pour l’Investissement qui s’est déroulée du 29 au 30 Novembre 2016 à Tunis, pourrait redonner espoir à la classe politique et l’inciter à mettre en place des grands projets économiques qui pourraient faire sortir le pays de la crise, celle du chômage en particulier, tout en espérant que les promesses financières, les engagements pris par certains Etats et les conventions signées ne resteront pas lettres mortes comme celles de DEAUVILLE.

Quant à moi, je n’ai plus confiance et j’ai honte pour la classe politique.

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