Dialogue de sourds

Dialogue de sourds

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Pluie TunisTRIBUNE | Par Dorra Harrar

Le ministère des Affaires religieuses a décidé d’organiser une prière collective pour invoquer la pluie. Ce n’est pas la première fois que le ministère appelle à organiser ce genre d’événement, cela se faisait même au temps de Bourguiba.

Je ne sais pas pourquoi cette année celle-ci a provoqué tant de discussions sur les réseaux sociaux et ailleurs entre ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas. S’il est pertinent de critiquer la récupération de ce rite par l’Etat surtout qu’il a décidé d’organiser cette prière le dimanche 17 janvier alors que des pluies sont prévues par les météorologues.

Il reste que se moquer de ceux qui y croient n’est pas intelligent venant surtout de ceux qui se disent défenseurs de la liberté de conscience. Certains rétorqueront qu’il est de leur devoir d’éclairer le peuple et de lui apprendre à raisonner.

La méthode adoptée semble cependant accentuer le dialogue de sourds qui s’installe chaque fois sur des sujets similaires entre ceux qui défendraient la rationalité et le « progressisme » et ceux qui sont persuadés de défendre l’islam et ses préceptes.

Les premiers semblent ne pas vouloir se poser la question de savoir si leur démarche n’est pas contreproductive. Les seconds n’ont pas atteint la maturité d’appliquer tranquillement leur foi sans se soucier de ceux qui veulent analyser ou critiquer ces croyances.

Au final ces dialogues de sourds ne servent qu’à gaspiller les énergies en les éloignant des vrais problèmes que vit le pays au niveau politique, social et économique.

En matière de diversion on n’a pas encore trouvé mieux que les débats autour des croyances de l’identité et de tout ce qui l’entoure comme faux problèmes. L’identité est multiple et changeante et la rationalité n’est jamais totale : qui parmi nous ne s’est pas trouvé un jour, à implorer dieu pour le sortir d’un problème ou pour le prier de lui exhausser un vœu.

La prière pour invoquer dieu est une croyance pour les uns, les autres n’ont qu’à la considérer comme une pièce de théâtre qui vaudrait ce qu’elle vaudrait ; elle ne serait pas pire que certaines pièces déconnectées de toute beauté qui se jouent sous nos cieux et qui sont applaudies par ces mêmes personnes qui font de cette prière une risée.

Au final je dirais vaut mieux ne pas débattre que s’embarquer dans un dialogue de sourds sans se soucier de l’efficacité avec toujours les mêmes méthodes.

Dorra Harrar

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