« Arrestations en série de braconniers qataris et koweïtiens dans le désert tunisien »

(credit photo S.O.S Environnement Gabes - Abdelmajid Dabbar)
(crédit photo S.O.S Environnement Gabes – Abdelmajid Dabbar)

La Tunisie est confrontée, comme tous les pays, au braconnage de ses espèces animales, notamment dans son désert. Les gazelles, les outardes et d’autres espèces encore, sont de plus en plus menacées par des braconniers venus de partout. On apprend d’ailleurs, que depuis une semaine, des groupes de braconniers sont arrêtés quasiment chaque jour.

Depuis dimanche 24 novembre 2013, la chasse (légale) des espèces autorisées par la loi, est clôturée en Tunisie, mais des braconniers, venus principalement des pays du Golfe insistent pour poursuivre leur «hobby».

Abdelmajid Dabbar, ornithologue et militant écologiste, très actif dans la défense de la faune tunisienne, rapporte qu’en une semaine, plusieurs groupes de braconniers ont été arrêtés dans le sud tunisien. Webdo a contacté Mr. Dabbar qui nous a confirmé que jeudi dernier, un groupe de Koweïtiens a été arrêté à l’ancienne Matmata, «pour exterminer des espèces non autorisées, hors période légale».

«Le filet devient plus serré après des arrestations, samedi dernier, lundi, mercredi et jeudi 28 novembre 2013. Ces groupes sont composés de Qataris, Koweitiens, et même des Indiens, qui grâce à l’intervention de leur ambassade sont aussitôt libérés. «Mercredi, quatre Qataris dans deux voitures 4×4 venant de Tozeur, accompagnés d’un «guide» de Douz ont été arrêtés à Oued Om Lbess au Nord de Om Echiah délégation de Matmata, dans le gouvernorat de Gabès, mais deux autres voitures ont pris la fuite», nous précise Mr. Dabbar. Verbalisés par les brigadiers de chasse de Gabès, et n’ayant aucune autorisation sur eux ils ont du passer la nuit en garde à vue à Gabès. Des armes, des faucons et du matériel ont été, par ailleurs, saisis.

Les efforts des Brigadiers de Chasse de Gabès, de la Garde Nationale de Matmata, de l’Association des Chasseurs de Gabès, et des militants écologiques ne sont pas suffisants dans leurs actions de défendre le patrimoine naturel si la loi n’est pas appliquée, estime le militant écologiste.

«Ces braconniers viennent en Tunisie via des agences de voyages virtuelles» dénonce Mr. Dabbar. Celles-ci envoie ses «clients» aller sillonner le sud en toute tranquillité. De Tataouine, à El Ouaara, en passant par Garaat Bouflija, Ksar Ghilen, Douz, Chébika, Hezoua, Chott el Gharsa, etc., Qataris, Emiratis, Koweïtiens, Indiens, chassent dans le désert alors qu’il est officiellement interdit sauf autorisation des gouverneurs ou des militaires pour cause d’infiltrations terroristes, s’interroge encore Mr. Dabbar.

Le militant écologiste ne s’arrête pas là et veut montrer que la faune sauvage du désert tunisien est l’objet d’un massacre de la part de ressortissants du Golfe «au vu et au su des autorités». «Ou alors comment expliquer qu’ils obtiennent des autorisations ? Comment franchissent-ils les frontières de l’Aéroport en compagnie de faucons ? Où sont les services vétérinaires, les douanes, la police des frontière ? Qui fournit à ces braconniers des fusils de chasse ? Toutes ces questions restent sans réponse pour moi», nous déclare Abdelmajid Dabbar.

Mr. Dabbar conclue en rappelant qu’en 2012, la Tunisie a été blâmée (pour la première fois dans l’histoire) pour non respect des lois et des conventions internationales en matière de conservation de la faune sauvage et des espèces selon la convention CITES, alors qu’elle avait toujours l’habitude de remporter des prix concernant la protection de la faune sauvage.

Mr. Abdelmajid Dabbar est connu pour son activisme dans la protection de la faune. Il dénonce depuis longtemps le massacre des espèces animales menacées et la présence de contingents étrangers venus chasser dans le désert avec toutes commodités offertes !

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