Rachid Ammar a refusé de devenir président la nuit du 15 janvier 2011

Rachid AmmarInvité à l’émission Attassiaâ Massaa diffusée sur Attounissia TV, le Général Rachid Ammar, chef des trois armées a révélé avoir été appelé avec insistance à occuper la fonction de président de la République en remplacement de Zine El Abidine Ben Ali qui avait fui la veille.

Lors de la désormais célèbre réunion qui a eu lieu au Palais de Carthage tout de suite après le départ du président déchu, les Mohamed Ghannouchi, ancien Premier ministre, Ridha Grira, ancien ministre de la Défense, Ahmed Friaâ, ancien ministre de l’Intérieur ont insisté auprès de Rachid Ammar afin qu’il accepte de prendre le pouvoir et de prendre la place de Ben Ali, selon le général.

Rachid Ammar déclare avoir refusé catégoriquement l’offre et d’avoir insisté pour que l’on respecte la Constitution en nommant Foued Mbezzaâ. L’insistance dont il a été l’objet lui a même valu de perdre son sang-froid et de s’énerver en frappant une table en marbre, incident qui lui aura valu une blessure à la main.

Le chef des trois armées a indiqué dans son intervention qu’il n’a pas oensé un seul instant à s’emparer du pouvoir parce qu’il savait que la situation du pays était très fragile et qu’il ne pouvait se désister de son poste militaire en faveur d’un poste présidentiel au risque de faire basculer la Tunisie dans le chaos.

Les révélations de Rachid Ammar ne s’arrêtent pas là puisque le général explique que le 14 janvier 2011, l’ancien président Ben Ali l’a appelé sur son portable, chose qu’il n’avait pas l’habitude de faire, avoue Rachid Ammar, pour lui demander si la situation était favorable à un retour au Palais de Carthage. Le général avoue avoir été évasif au point que Ben Ali aurait décidé de reporter son come-back au lendemain. «Là Ben Ali m’a tendu la perche et l’occasion était bonne pour tourner définitivement la page» dira Rachid Ammar. Cette nuit-là, Ben Ali a été déclaré «démissionnaire» et remplacé par Foued Mbezzaâ.

Jebel Chaâmbi : le Général met en cause
les services de renseignements

Sur un autre plan, le Général Rachid Ammar est revenu sur les événements de Jebel Chaâmbi en révélant que les terroristes n’y sont plus réfugiés depuis belle lurette. Il a affirmé d’une manière catégorique qu’Al-Qaïda est derrière les activités terroristes en Tunisie.

Rachid Ammar a dénoncé les tentatives de déstabilisation de l’armée et indiqué que personne n’avait le droit de s’attaquer à elle sans connaître les véritables raisons de son «échec» à Jebel Chaâmbi. Car, selon lui, l’armée ne dispose pas des renseignements nécessaires pour passer à l’action.

En d’autres termes, Rachid Ammar a mis en cause les services de renseignements non-militaires qui n’ont pas accompli leurs missions. Des services défaillants en partie à cause des nombreux changements opérés depuis le 14 Janvier comme la disparition des omda. Rachid Ammar a été implicite en déclarant que ces services de renseignements doivent redevenir opérationnels.

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