Le gouvernorat de Sidi Bouzid s’apprête à lancer en 2027 un vaste programme de « Ceinture verte », doté d’une enveloppe de 30 millions de dinars, afin de lutter contre la dégradation des sols et l’avancée de la désertification dans le Centre et le Sud du pays.
Prévu sur cinq ans, ce projet ciblera en priorité le sud du gouvernorat, notamment Regueb, Mezouna, Meknassi et Sidi Ali Ben Aoun. Cette initiative s’inscrit dans le Plan national de développement 2026-2030, avec une forte dimension environnementale, agricole et sociale.
Un territoire sous forte pression climatique
Les données environnementales du gouvernorat montrent l’ampleur du défi : 19,3% de la superficie de Sidi Bouzid est fortement menacée par la désertification, tandis que 61,3% reste relativement exposée. À peine 19,4% du territoire est jugé stable et moins vulnérable.
Le climat continental de la région, caractérisé par l’irrégularité des pluies, une évaporation élevée et des vents actifs tout au long de l’année, accentue cette fragilité. À cela s’ajoutent la surexploitation des nappes souterraines, la dégradation de leur qualité et le manque de techniques modernes d’économie d’eau, autant de facteurs qui pèsent lourdement sur l’agriculture irriguée.
Les autorités considèrent également comme prioritaires près de 300 mille hectares de terres, dont 110 mille hectares fortement sensibles à l’érosion, nécessitant des interventions urgentes de restauration et de protection.
Une première phase élargie à six gouvernorats
Annoncé pour la première fois lors de la Fête nationale de l’arbre 2025 Fête nationale de l’arbre, le programme dépasse le seul cadre de Sidi Bouzid. Sa première phase couvrira également les gouvernorats de Gabès, Gafsa, Sfax, Kairouan et Kasserine, dans une logique de reconquête des zones semi-désertiques.
Le projet prévoit la réhabilitation des terres agricoles, pastorales et forestières, ainsi que la restauration des marais salants, l’amélioration de la productivité des sols et le développement du littoral à travers la promotion de l’économie bleue.
L’objectif est de créer une dynamique intégrée autour de la valorisation du milieu naturel, avec des actions directement liées aux enjeux du changement climatique.
Eau, déchets et emplois verts au cœur du dispositif
Le programme mise sur une forte implication des populations locales, des propriétaires fonciers, des agriculteurs et des pêcheurs pour garantir son efficacité sur le terrain.
Parmi les axes majeurs figurent la mobilisation des ressources hydriques, y compris la réutilisation des eaux usées traitées, la rationalisation de l’usage de l’eau et la valorisation des déchets agricoles et industriels, notamment la margine.
Le projet ambitionne aussi de renforcer les filières d’énergies renouvelables, d’adapter les systèmes productifs au changement climatique et de consolider les chaînes de valeur liées aux produits forestiers, pastoraux et arboricoles.
Au-delà de la dimension écologique, la Ceinture verte devrait générer des emplois verts, améliorer les conditions de vie des habitants et offrir à Sidi Bouzid un nouveau levier de résilience face aux mutations climatiques.
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