Le congrrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), tenu à Monastir du 25 au 28 mars 2026, s’est achevé par une victoire écrasante de la liste « Stabilité et Défi » conduite par Slaheddine Selmi. Au terme d’un scrutin marathon prolongé jusqu’au petit matin de ce samedi, les 15 membres du nouveau bureau exécutif national ont tous été élus sur cette même liste.
Une domination sans partage du courant mené par Selmi au sein des différentes instances de la centrale syndicale. Parmi les élus, Wajih Zidi arrive en tête avec 400 voix, suivi d’Ahmed Jaziri (373 voix) et de Slaheddine Selmi (344 voix).
Le nouveau bureau doit se réunir dans les prochaines heures pour désigner son secrétaire général et répartir les responsabilités, dans un contexte encore marqué par des divisions internes.
Une victoire totale sur toutes les instances
La liste menée par Selmi ne s’est pas limitée au bureau exécutif. Elle a également remporté l’intégralité des sièges au sein des deux organes de contrôle de l’organisation.
L’instance du règlement intérieur, composée de cinq membres, sera chargée de garantir le respect des statuts et le bon fonctionnement syndical.
Même scénario pour l’instance de contrôle financier, également entièrement dominée par la même liste, qui supervisera les comptes, auditera les dépenses et veillera à la transparence financière.
Cette triple victoire consacre un contrôle complet des leviers internes de l’UGTT par un seul courant.
Un congrès sous le signe du « rééquilibrage »
Au-delà des résultats, ce congrès intervient dans un moment délicat pour la centrale syndicale, fragilisée par des tensions internes, des défis budgétaires et un dialogue social au point mort avec le gouvernement.
Avec plus de 600 participants réunis à Monastir, l’enjeu était double : restaurer l’unité et redéfinir le rôle de l’UGTT sur la scène nationale. Plusieurs responsables syndicaux ont insisté sur la nécessité de « remettre de l’ordre » au sein de l’organisation, condition jugée essentielle pour retrouver son influence.
Dans cette optique, les statuts ont été modifiés : le nombre de mandats consécutifs est désormais limité à deux, contre trois auparavant, et le bureau exécutif sera réduit à 13 membres à partir du prochain congrès.
Vers un repositionnement politique ?
Derrière cette restructuration interne, une question demeure : ce congrès marque-t-il un simple réajustement organisationnel ou le début d’un repositionnement politique plus affirmé ?
Affaiblie ces derniers mois, la centrale syndicale semble chercher à se reconstruire autour d’une ligne plus lisible. La domination de la liste « Stabilité et Défi » offre une base de stabilité immédiate — mais elle concentre aussi toutes les attentes sur la capacité du nouveau leadership à réactiver l’influence de l’UGTT dans un contexte socio-économique particulièrement tendu.
Lire aussi: