Le changuel — pratique consistant à enlever les véhicules mal stationnés à l’aide de grues de fourrière — pourrait connaître une transformation majeure en Tunisie.
Le député Marouane Zayen, élu au Conseil national des régions et des districts pour Ben Arous, a soumis au ministère de l’Intérieur une proposition officielle visant à suspendre l’usage traditionnel des opérations de levage et à les remplacer par un système d’amendes autocollantes directement apposées sur les pare-brise des véhicules en infraction.
Pratiques déjà mises en œuvre dans plusieurs pays
L’initiative, présentée comme une réforme de la gestion du stationnement anarchique, s’inspire de pratiques déjà mises en œuvre dans plusieurs pays européens. Selon le député, le recours aux grues serait désormais limité aux situations où un véhicule représente un danger pour la sécurité publique ou bloque totalement la circulation, notamment pour les services d’urgence. Dans tous les autres cas, les infractions seraient constatées par des agents ou par des systèmes numériques, et matérialisées par une vignette apposée sur le véhicule.
Cette proposition répond à plusieurs motivations. Elle vise à réduire les coûts liés aux opérations de levage, souvent élevés pour les municipalités, à limiter les litiges avec les automobilistes causés par d’éventuels dommages matériels et à atténuer les tensions entre l’administration et les citoyens.
Le parc automobile tunisien étant majoritairement composé de véhicules sensibles au remorquage, l’option des amendes autocollantes apparaît comme une solution moins invasive. Selon les estimations fournies avec le projet, ce système permettrait également d’améliorer le recouvrement des amendes et d’alimenter un fonds destiné à financer des projets de parkings intelligents dans les zones urbaines les plus congestionnées.
Plusieurs défis restent à surmonter
Toutefois, plusieurs défis restent à surmonter pour la mise en œuvre de ce mécanisme. La création d’un cadre légal et technique complet pour le constat des infractions, la compatibilité avec les systèmes numériques existants et l’adhésion des municipalités, souvent liées à des contrats de levage en cours, seront essentiels pour son succès. La perception publique du système, perçue par certains comme une nouvelle source de contraintes, représente également un enjeu à ne pas négliger.
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