La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a condamné l’homme d’affaires Chafik Jarraya à un an de prison pour falsification.
Cette nouvelle peine vient s’ajouter à une longue série de condamnations prononcées dans plusieurs dossiers, dont certaines ont donné lieu à des cumuls théoriques de plusieurs dizaines d’années de prison.
Un verdict rendu par la chambre spécialisée
La juridiction compétente en matière de corruption financière a tranché. La chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis a condamné Chafik Jarraya à une peine d’un an de prison pour des faits de falsification, à l’issue de l’examen d’un nouveau dossier inscrit à son rôle.
Ce jugement s’inscrit dans la continuité d’un long feuilleton judiciaire qui accompagne l’homme d’affaires depuis plusieurs années. Dans cette affaire précise, Chafik Jarraya a comparu en état de liberté. Cette situation procédurale ne signifie toutefois pas qu’il se trouve hors de prison.
L’intéressé fait en effet déjà l’objet de mandats de dépôt dans le cadre d’autres dossiers distincts, également liés à des affaires de corruption financière.
Des condamnations multiples
Au fil des procédures, plusieurs juridictions ont prononcé contre Chafik Jarraya des condamnations dans des affaires distinctes. Dans certains dossiers, l’addition arithmétique des peines prononcées a conduit à des cumuls théoriques extrêmement élevés, atteignant plusieurs dizaines d’années de prison, et même, dans certaines décisions, près d’une centaine d’années.
La peine d’un an de prison prononcée dans l’affaire de falsification vient donc s’ajouter à un passif judiciaire déjà très lourd, marqué par une multiplicité de poursuites, de jugements et de décisions parfois contradictoires selon les degrés de juridiction.
La situation pénale globale de Chafik Jarraya reste ainsi suspendue à l’issue définitive des différentes procédures en cours et aux décisions finales concernant l’application ou non de la confusion des peines.
Un lourd passif judiciaire
Chafik Jarraya a été arrêté le 24 mai 2017. Fin mai 2017, le Parquet militaire diligentait une enquête contre lui et délivrait un mandat de dépôt à son encontre. Il est accusé, entre autres, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de trahison et d’intelligence avec une puissance étrangère en temps de paix.
En mai 2021, il a été notamment condamné à dix ans de prison pour falsification de contrats de vente de biens confisqués.
En décembre 2024, la sixième chambre correctionnelle bis, spécialisée dans les affaires de corruption financière au Tribunal de première instance de Tunis, a condamné l’homme d’affaires à une peine de cinq ans de prison ferme pour chacune des 19 affaires le concernant, portant le total de sa condamnation à 95 ans de réclusion.
En mai 2025, la chambre correctionnelle spécialisée dans les affaires de corruption auprès de la Cour d’appel de Tunis a toutefois décidé de regrouper les peines prononcées à son encontre, réduisant ainsi la durée totale d’emprisonnement de 101 ans à 4 ans.
En février 2025, il a encore été condamné à trois ans de prison et à une amende de deux millions de dinars dans une affaire concernant un immeuble construit aux Berges du Lac, dont la hauteur ne respecte pas les réglementations aériennes.
En juillet 2025, Chafik Jarraya a été condamné à seize ans de prison dans le cadre de quatre affaires le concernant, liées à des contrats de vente de biens confisqués.
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