La Tunisie traverse depuis le 19 janvier un épisode d’intempéries exceptionnel, caractérisé par des précipitations record enregistrées dans plusieurs régions du pays. Selon l’Institut national de la météorologie, certaines zones ont connu les pluies les plus abondantes depuis plus de 70 ans, provoquant des inondations meurtrières et des perturbations majeures des activités quotidiennes.
Dans ce contexte, les autorités tentent de mesurer l’ampleur de cette crise climatique et de tirer les leçons des épisodes les plus graves qu’a connus la Tunisie au cours du dernier demi-siècle.
Les services de protection civile ont fait état d’au moins cinq décès attribués directement aux crues provoquées par ces pluies diluviennes, qui ont inondé des quartiers entiers, submergé des routes et paralysé des transports publics et privés dans plusieurs gouvernorats du nord et de l’est du pays.
Les écoles ont été fermées dans plusieurs localités, notamment à Tunis, Nabeul, Monastir et Sousse, tandis que l’armée nationale a été mobilisée pour appuyer les opérations de secours et de dégagement des zones sinistrées.
1969 : la catastrophe naturelle la plus meurtrière
L’événement le plus tragique de l’histoire moderne du pays remonte à l’automne 1969. Des pluies exceptionnellement intenses avaient alors frappé la Tunisie, provoquant des crues qui ont emporté des villages, détruit des infrastructures et causé la mort de centaines de personnes. Le bilan officiel fait état d’environ 540 décès et de dizaines de milliers de sinistrés, et cette catastrophe demeure la référence en termes d’ampleur et de conséquences humaines et matérielles.
1973 : inondations meurtrières dans le nord du pays
Quelques années plus tard, en mars 1973, le nord de la Tunisie, particulièrement le bassin de l’Oued Medjerda, fut fortement touché par des crues soudaines. Les villes de Béja, Medjez-el-Bab et Jendouba ont été parmi les plus affectées, avec un bilan estimé à près de 100 morts et des dégâts considérables sur les cultures et les réseaux routiers.
1982 et 1990 : crues importantes et pertes humaines
Dans les années 1980 et 1990, d’autres épisodes d’inondations ont frappé des régions clés du pays. En 1982, des pluies abondantes ont provoqué de graves inondations dans le gouvernorat de Sfax, tandis que, en janvier 1990, des zones comme Sidi Bouzid et Kairouan ont été durement touchées, avec des dizaines de morts et des pertes agricoles et infrastructurelles importantes.
Années 2000 : crues urbaines et vulnérabilité des infrastructures
Avec l’urbanisation croissante, les épisodes pluvieux des années 2000 ont révélé la vulnérabilité des réseaux de drainage des grandes villes. Les inondations de septembre 2003 et celles de 2007, notamment dans l’agglomération de Tunis, ont causé des perturbations majeures du trafic, des dégâts matériels importants et des pertes humaines, bien que les bilans restent inférieurs à ceux des années 1960 et 1970.
2020 : des crues meurtrières dans plusieurs gouvernorats
Plus récemment, en septembre 2020, de fortes précipitations ont provoqué des crues dans plusieurs gouvernorats du nord, de l’est et du centre du pays. Selon les autorités civiles, au moins six personnes ont perdu la vie lors de ces inondations, qui ont aussi laissé des milliers de personnes sinistrées et des dégâts étendus sur les habitations et les exploitations agricoles.
Inondations récentes de janvier 2026
Les pluies les plus intenses enregistrées depuis plus de 70 ans dans certaines régions ont entraîné des inondations généralisées. Les cumuls ont dépassé 200 mm par endroit et la situation a entraîné au moins cinq morts (avec des disparus), des quartiers submergés, routes et transports paralysés dans plusieurs gouvernorats (Monastir, Nabeul, Sousse, Béja, Grand Tunis).
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