Une vague de solidarité s’est exprimée ces derniers jours sur les réseaux sociaux en faveur de l’ancien chef du gouvernement Mohamed Ghannouchi, à la suite de l’engagement de poursuites judiciaires à son encontre dans une affaire liée à la gestion de fonds publics.
Sur Facebook, X (ex-Twitter) et d’autres plateformes, de nombreux activistes, journalistes et citoyens ont pris position pour défendre celui qui fut une figure centrale de la transition politique en 2011. Des publications largement partagées mettent en avant son parcours, son image d’homme d’État et son rôle dans une période charnière de l’histoire contemporaine de la Tunisie.
Une forme d’acharnement judiciaire ?
Plusieurs voix dénoncent ce qu’elles considèrent comme une forme d’acharnement judiciaire, appelant à garantir un procès équitable et à respecter les principes de l’État de droit.
Selon des observations recoupées, cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique plus large où les réseaux sociaux deviennent un espace d’expression politique et de reconfiguration des réputations publiques, notamment pour les figures de l’ancien régime ou de la transition.
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Mohamed Ghannouchi, économiste de formation, a occupé pendant plus d’une décennie le poste de Premier ministre sous la présidence de Zine El Abidine Ben Ali, avant d’assurer brièvement la direction du gouvernement au lendemain de la révolution de janvier 2011. Son passage à la tête de l’exécutif durant cette période critique reste associé, pour une partie de l’opinion, à une gestion pragmatique visant à éviter le vide institutionnel.
Il incarne encore une certaine idée de rigueur
Dans l’imaginaire de nombreux Tunisiens, Ghannouchi incarne encore une certaine idée de la rigueur et de la probité dans la gestion des affaires publiques. Cette perception, relayée aujourd’hui sur les réseaux sociaux, contribue à alimenter les élans de soutien observés, au-delà des clivages politiques traditionnels.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par une intensification des poursuites liées à la corruption et à la gestion passée de l’État, ravivant les débats sur la justice transitionnelle, la reddition des comptes et la mémoire politique en Tunisie.