La Tunisie a maintenu une croissance positive malgré les crises successives, tout en préservant ses principaux équilibres macroéconomiques, selon le chef de cabinet du ministère des Finances, Zouheïr Attallah. Cette appréciation, formulée lors du 4ᵉ Forum financier arabe organisé à Tunis, intervient alors que l’inflation est repartie à la hausse en septembre 2026.
S’exprimant vendredi 9 octobre, au nom de la ministre des Finances, Michket Salama Khaldi, Zouheïr Attallah a mis en avant la capacité des institutions publiques à faire face aux crises sanitaires, aux catastrophes naturelles et aux perturbations de l’économie mondiale. Il a également souligné les efforts engagés pour maintenir des indicateurs macroéconomiques qu’il estime à des niveaux acceptables.
Une croissance positive, une inflation en hausse
Les données disponibles apportent des éléments de contexte à ce discours. Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) tunisien a progressé de 2,3% sur un an. Cette croissance positive constitue un indicateur favorable, sans suffire à elle seule à mesurer la solidité de l’ensemble de l’économie.
L’évolution des prix appelle, en revanche, à nuancer le tableau présenté. Selon l’Institut national de la statistique (INS), le taux d’inflation a atteint 5,6% en septembre 2026, contre 5,4% en août. Cette accélération intervient alors que les prix continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages.
Sur le front des finances publiques, les prévisions de la loi de finances 2026 retiennent un déficit budgétaire équivalant à 6% du PIB et une dette publique représentant 83,4% du PIB. Ces chiffres sont des objectifs prévisionnels annuels et ne constituent pas un bilan définitif de l’exercice en cours.
Des réformes axées sur la gestion publique
Au-delà du diagnostic économique, le responsable a insisté sur les réformes engagées à court et à moyen termes par le ministère des Finances. Elles portent notamment sur le renforcement de la bonne gouvernance, l’amélioration de la transparence des politiques publiques et la consolidation des principes de responsabilité dans la gestion des deniers publics.
Il a également plaidé pour une révision des priorités de dépenses afin de favoriser les secteurs présentant un rendement élevé et d’améliorer l’affectation des ressources disponibles.
Organisé les 6 et 7 octobre à Tunis sous le thème « Résilience et durabilité financières », le forum a réuni des responsables et des représentants de plusieurs institutions arabes. La rencontre, organisée avec l’Organisation arabe pour le développement administratif et le Département des finances centrales de Sharjah, visait à favoriser les échanges d’expertise, notamment dans le domaine des technologies financières numériques.
Lire aussi :