La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a prononcé, mardi 17 février une peine de deux ans de prison à l’encontre de l’activiste Imed Dghij. Un autre activiste de la société civile a, quant à lui, écopé de sept ans de prison dans la même affaire.
Des poursuites pour publications à caractère incitatif
Les deux accusés étaient poursuivis pour des publications sur les réseaux sociaux considérées par l’accusation comme ayant un caractère incitatif.
Les chefs d’inculpation retenus portent notamment sur l’incitation au meurtre, la propagation de la haine et de la discorde entre religions et groupes, ainsi que le défaut de signalement aux autorités.
Selon les éléments de l’affaire, les poursuites s’inscrivent dans le cadre des dispositions légales relatives à la lutte contre le terrorisme et aux infractions liées aux discours jugés violents ou incitatifs.
Situation judiciaire
Imed Dghij comparaissait en état de liberté dans ce dossier. En revanche, le second accusé était placé en détention au moment du prononcé du jugement.
Ancien dirigeant de la Coalition El Karama, Imed Dghij a déjà été condamné. Faisant partie des personnes arrêtées en marge des manifestations du 14 janvier 2022, il avait écopé d’une peine de trois mois de prison.
En 2017, alors qu’il était membre actif des Ligues de protection de la révolution, Imed Dghij avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et 300 dinars d’amende, pour avoir menacé le président de la République Béji Caïd Essebsi lors de la campagne électorale de 2014.
Rappelons qu’en décembre dernier, Dghij avait été arrêté puis libéré, pour avoir publié sur son compte Facebook un statut dans lequel il a appelé à organiser une protestation le 14 janvier 2017 pour la dissolution du parlement et l’organisation d’élections anticipées.
En 2014, il s’était fait remarquer en étant arrêté suite à des propos, jugés incitant à la violence et au meurtre, qu’avait tenus Imed Dghij sur Facebook et des menaces proférées à l’encontre des forces de l’ordre.