La tension sociale pourrait de nouveau s’inviter dans les établissements scolaires. Des enseignants du secondaire ont annoncé un mouvement de grève nationale prévu le 7 avril 2026, sur fond de désaccord persistant avec le gouvernement autour de l’application d’un accord signé en 2023.
L’annonce a été faite mardi 10 mars par Montassar Ben Romdhane, membre de la structure représentant les enseignants du secondaire au sein de l’Union générale tunisienne du travail. Intervenant dans une émission radiophonique, il a indiqué que cette décision fait suite à la réunion de la commission administrative sectorielle tenue le 7 mars, au cours de laquelle la situation du secteur a été évaluée, notamment à la lumière des grèves régionales organisées les 15, 16 et 17 février derniers.
Octroi d’augmentations salariales
Au cœur du différend figure un accord conclu en mai 2023 entre le gouvernement et la partie syndicale. Celui-ci prévoit l’octroi d’augmentations salariales échelonnées sur trois ans au profit des enseignants du secondaire : 100 dinars pour chacune des deux premières années, puis 60 dinars la troisième année.
Selon Montassar Ben Romdhane, la principale revendication du syndicat porte sur l’activation effective de cet accord. Il affirme que les demandes des enseignants ne sont pas nouvelles et qu’elles se limitent essentiellement au respect des engagements pris par les autorités.
Le responsable syndical a également indiqué que le ministère de l’Éducation refuse, depuis janvier 2025, de rouvrir les négociations avec la partie syndicale. Une situation qui, selon lui, alimente un climat de tension dans les établissements scolaires et contribue à perturber la gestion du secteur.
Outre la grève nationale annoncée pour avril, la structure syndicale prévoit d’autres formes de mobilisation. Le programme d’action inclut notamment des sit-in régionaux devant les commissariats régionaux de l’éducation, avant une mobilisation nationale prévue devant le siège du ministère de l’Éducation.
Application d’un accord déjà signé
Tout en défendant la légitimité des revendications, Montassar Ben Romdhane a affirmé que le syndicat ne cherche pas l’escalade, mais réclame l’application d’un accord déjà signé.
Il a enfin assuré que les enseignants restent attachés à la stabilité de l’année scolaire et à l’intérêt des élèves, tout en soulignant leur détermination à défendre leurs droits professionnels et sociaux, appelant le ministère à reprendre le dialogue afin de trouver une issue à la crise.
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