Le solaire continue d’attirer les investisseurs en Tunisie. Les 5e et 6e rounds d’évaluation ont permis d’approuver, en moins d’un an, des projets photovoltaïques représentant près de 750 MW au bénéfice d’environ 500 investisseurs, selon Ali Kanzari, président de la Chambre nationale du photovoltaïque, cité par la TAP. Mais entre l’autorisation et la mise en service, plusieurs obstacles restent à franchir.
750 MW approuvés, mais pas encore installés
Les 750 MW annoncés ne correspondent pas à des capacités déjà installées ou injectées dans le réseau électrique tunisien. Il s’agit de projets ayant obtenu les autorisations nécessaires lors des deux dernières sessions d’évaluation.
Leur concrétisation dépend encore du financement, des procédures administratives et surtout du raccordement au réseau.
Ali Kanzari pointe précisément les délais et les conditions de raccordement parmi les principaux freins au développement du photovoltaïque.
Mais au-delà du raccordement de chaque projet se pose une question plus large : le réseau électrique tunisien dispose-t-il des capacités nécessaires pour accueillir plusieurs centaines de mégawatts supplémentaires ?
Le réseau au cœur du défi
L’arrivée progressive de 750 MW de nouvelles capacités solaires suppose non seulement de multiplier les raccordements, mais aussi de disposer d’un réseau capable de transporter et d’absorber cette production.
Kanzari appelle ainsi à agir sur les délais et les coûts de raccordement, mais également sur les capacités d’accueil du réseau. Les infrastructures électriques devront donc évoluer parallèlement à la multiplication des projets.
La question prend une importance particulière dans un contexte où le système électrique tunisien est déjà soumis à de fortes tensions lors des pics de consommation, notamment en été.
Fiscalité et autoproduction
Le président de la Chambre nationale du photovoltaïque plaide parallèlement pour une simplification et une digitalisation des procédures administratives afin de réduire les délais entre l’autorisation et la réalisation effective des projets.
Il propose également une exonération des panneaux photovoltaïques, des onduleurs et des batteries des droits de douane et de la TVA.
Autre proposition : revoir le régime de l’autoproduction pour les abonnés raccordés en moyenne tension, notamment en supprimant le plafond actuel de 30 % et en révisant les conditions de rachat de l’électricité produite.
Ces mesures restent à ce stade des propositions de la profession et non des décisions des autorités.
Un million de familles équipées ?
Kanzari propose enfin un programme national de « citoyenneté énergétique » visant à équiper gratuitement un million de familles à revenus modestes en installations photovoltaïques sur cinq ans. Il estime que ce programme pourrait représenter environ 600 MW supplémentaires.
Avec 750 MW de projets déjà approuvés lors des deux derniers rounds, l’enjeu n’est donc plus seulement d’attirer les investisseurs. Il est désormais de transformer ces autorisations en installations effectivement raccordées, tout en adaptant le réseau électrique à la montée rapide du solaire.
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