Malgré une baisse notable du nombre d’accidents de la route en Tunisie depuis le début de l’année, le bilan humain continue de s’alourdir. Selon les dernières données publiées par Observatoire national de la sécurité routière, le nombre de décès a enregistré une hausse de 7,83 % jusqu’au dimanche 5 avril 2026, avec 303 morts contre 281 durant la même période en 2025.
Ce paradoxe s’explique par la gravité accrue des accidents. En effet, sur la même période, les indicateurs globaux sont en nette amélioration : le nombre d’accidents a chuté de 30,23 %, passant de 1482 à 1034, tandis que le nombre de blessés a reculé de 29,30 %, avec 1351 personnes touchées contre 1911 l’an dernier. Toutefois, ces progrès quantitatifs ne suffisent pas à enrayer la hausse des accidents mortels.
Six accidents ont été enregistrés dimanche
La journée du dimanche 5 avril illustre cette tendance préoccupante. Six accidents ont été enregistrés, causant la mort de quatre personnes et faisant dix blessés, confirmant la persistance de drames routiers malgré la baisse globale des sinistres.
Dans le détail, l’inattention et le manque de vigilance restent les premières causes d’accidents, avec 271 cas recensés, soit plus d’un quart du total. La vitesse arrive en deuxième position avec 245 accidents, suivie par le non-respect de la priorité et le franchissement irrégulier de la chaussée. Mais lorsqu’il s’agit d’accidents mortels, la hiérarchie change nettement : la vitesse devient le facteur le plus meurtrier, responsable à elle seule de 111 décès, soit plus d’un tiers des victimes.
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L’Observatoire souligne par ailleurs que les données publiées restent provisoires et susceptibles d’être mises à jour quotidiennement. Il précise également que le classement régional des accidents repose sur des chiffres bruts, sans prise en compte des spécificités démographiques ou socio-économiques, ce qui limite la portée comparative entre les différentes régions du pays.
Un enjeu plus complexe
Ces chiffres relancent une question centrale : au-delà de la réduction du nombre d’accidents, la Tunisie fait face à un enjeu plus complexe, celui de la violence des collisions et du comportement des conducteurs, en particulier en matière de vitesse et d’attention au volant.