À quelques jours de l’examen du projet de loi de finances pour 2027, les professionnels des énergies renouvelables veulent peser sur les choix fiscaux du prochain budget. La Chambre syndicale du photovoltaïque de Tunisie (CSPV), relevant de l’UTICA, et le Groupement professionnel des énergies renouvelables de la CONECT demandent notamment la suppression des droits de douane sur les équipements solaires et l’application d’une TVA de 7%.
Dans une lettre ouverte adressée au président de l’Assemblée des représentants du peuple, les deux organisations réclament un « dialogue institutionnel urgent » entre le Parlement, le gouvernement et les professionnels. Leur objectif affiché : réduire le coût des installations photovoltaïques et du stockage afin d’accélérer l’autoproduction d’électricité.
Une demande fiscale au moment où le PLF arrive
La revendication intervient alors que le projet de loi de finances pour 2027 doit être transmis à l’ARP au plus tard le 15 octobre, conformément au calendrier constitutionnel. Les travaux préparatoires ont déjà commencé au Parlement.
Les professionnels demandent que les panneaux photovoltaïques, batteries, systèmes de stockage et principaux équipements nécessaires à la production d’électricité renouvelable soient exonérés de droits de douane. Ils souhaitent également ramener leur TVA à 7%.
Selon les organisations signataires, une telle baisse de la fiscalité permettrait de réduire le coût d’accès au solaire pour les ménages et les entreprises, tout en stimulant l’investissement dans le secteur. Elles y voient également un moyen de favoriser l’autoproduction et, à terme, de limiter la dépendance aux importations énergétiques.
Ces effets restent toutefois des objectifs avancés par les professionnels et ne constituent pas des résultats acquis.
Une urgence qui se mesure aussi dans les chiffres
Le timing de leur demande n’est pas anodin. L’indépendance énergétique de la Tunisie s’est encore dégradée en 2026 : elle s’établissait à 34% à fin juillet, contre 37% un an auparavant, selon les données du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.
Dans le même temps, la puissance installée à partir de sources renouvelables atteignait 1163 MW à fin juillet. Le pays ambitionne toutefois d’accélérer fortement ce déploiement dans les prochaines années.
Le Plan solaire tunisien prévoit ainsi l’installation de 3815 MW supplémentaires de capacités renouvelables d’ici 2030, dont 1510 MW photovoltaïques, 1755 MW éoliens, 450 MW de solaire thermodynamique et 100 MW issus de la biomasse.
Le décalage entre ces ambitions et la réalité énergétique nourrit donc le débat sur le coût des équipements. Pour les professionnels, alléger la fiscalité constitue l’un des leviers permettant d’accélérer le passage à l’acte des ménages, des entreprises et des investisseurs.
Le PLF 2027 comme premier test
La demande adressée au Parlement place désormais la fiscalité du solaire parmi les sujets susceptibles d’être discutés lors de l’examen du PLF 2027.
Au-delà de la seule TVA, le débat porte ainsi sur le coût d’accès aux technologies nécessaires à la transition énergétique, alors que la Tunisie cherche simultanément à développer ses capacités renouvelables, renforcer la sécurité de son approvisionnement et réduire sa dépendance aux importations d’énergie.
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