Malgré un excédent commercial en recul en 2025, la pêche tunisienne consolide ses positions à l’international. L’Italie s’impose comme premier débouché, absorbant à elle seule 28% des exportations, devant l’Espagne et la Libye. Une cartographie des échanges qui confirme l’ancrage méditerranéen du secteur, sur fond de hausse des prix à l’export.
A fin décembre 2025, les exportations tunisiennes des produits de la pêche ont atteint 878 millions de dinars, réparties sur plus de 40 destinations à travers le monde. Selon les données publiées par l’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI), l’Italie demeure le principal partenaire commercial de la Tunisie dans ce secteur stratégique. Malgré un excédent commercial en recul, la carte des marchés confirme l’ancrage méditerranéen et la diversification progressive des débouchés.
L’Italie en tête, l’Europe domine
Avec 28% des exportations, l’Italie s’impose comme le premier client des produits halieutiques tunisiens. Elle est suivie par l’Espagne (15%), confirmant le poids déterminant du marché européen dans l’écoulement de la production nationale.
La Libye occupe la troisième position avec 10% des parts, tandis que l’Algérie et le Japon représentent chacun 7% des exportations. Cette répartition illustre une double dynamique : une forte concentration sur le bassin méditerranéen et une ouverture vers des marchés plus lointains, notamment asiatiques.
Au total, les exportations ont porté sur 35.500 tonnes en 2025, pour une valeur de 878 MD. Si les volumes ont légèrement reculé (-2,7%), la valeur a progressé de 3,8%, portée par une hausse des prix à l’exportation qui se sont établis en moyenne à 24,8 dinars le kilogramme, contre 23,2 dinars en 2024.
Poissons, crustacés et conserves dominent les ventes
Les poissons constituent près de la moitié des quantités exportées (49,3%), suivis par les crustacés (23,7%) et les conserves et semi-conserves (22,8%). Les mollusques représentent 4,2% du total.
Cette structure confirme l’importance des produits à forte valeur ajoutée, notamment les crustacés et les produits transformés, particulièrement prisés sur les marchés européens et asiatiques.
Un excédent commercial en repli
Malgré la solidité des débouchés extérieurs, la balance commerciale du secteur affiche un excédent de 283,8 MD à fin décembre 2025, contre 386,8 MD une année auparavant.
Les importations ont en effet progressé de 29,4% en valeur, atteignant 594,2 MD. Les quantités importées ont bondi de 23,4% pour s’établir à 88 mille tonnes, principalement des poissons (91% des volumes). Plus de 72% de ces importations sont destinées à l’industrialisation, traduisant le rôle croissant de la transformation locale.
Le taux de couverture des importations par les exportations demeure toutefois confortable, à 148%.
Si la Tunisie parvient à maintenir une présence sur plus de 40 marchés, la prédominance italienne et espagnole souligne la dépendance structurelle du secteur aux circuits européens. Un positionnement stratégique qui offre stabilité et volumes, mais expose également aux fluctuations de la demande et des normes communautaires.