En Tunisie, la question de la réforme du système de compensation reste sensible. Invité jeudi sur les ondes de la radio « Mosaïque FM », l’ancien directeur général au ministère du Commerce, Lassaad Laabidi, a affirmé qu’aucun changement n’est à prévoir dans l’immédiat. Selon lui, l’État continuera d’appliquer le mécanisme actuel de soutien aux produits de base et aux carburants, sans modification ni révision à court terme.
L’intervenant a rappelé que ce dispositif repose sur une base législative ancienne. Le soutien aux produits essentiels a été formalisé avec la loi de finances de 1971, bien que des formes d’intervention publique existaient déjà auparavant. Depuis son instauration, ce système vise à amortir les fluctuations des prix, notamment celles liées aux marchés internationaux, afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages.
3,6 milliards de dinars de compensation en 2025
Sur le plan budgétaire, Lassaad Laabidi a révélé que l’enveloppe consacrée à la compensation des produits de base a atteint 3,6 milliards de dinars en 2025. Un montant qui illustre le poids de cette politique publique dans les finances de l’État, dans un contexte marqué par des tensions inflationnistes et une pression accrue sur les équilibres budgétaires.
Concernant les évolutions récentes, l’ancien responsable a évoqué le projet de production d’un nouveau pain subventionné enrichi en fibres. Il a assuré que cette orientation n’entraînera pas de hausse des prix pour les consommateurs, les tarifs actuels des différentes catégories de pain devant être maintenus.
Lire aussi : Un nouveau pain bientôt proposé aux Tunisiens
Enfin, revenant sur les réformes passées, il a souligné que le système de compensation a déjà connu plusieurs ajustements structurels. Parmi les plus marquants figure la réforme de 2008, qui a conduit à un recensement national des boulangeries et à l’adoption d’un système de classification (catégories « B » et « C »). Cette mesure visait à mieux encadrer le secteur et à rationaliser l’octroi des subventions.
Stabilité de la politique de compensation
Dans ce contexte, les déclarations de Lassaad Laabidi traduisent une volonté de stabilité de la politique de compensation, malgré les débats récurrents sur sa réforme et son ciblage.