Le samedi 30 août 2025, une manifestation a eu lieu devant l’hypermarché Carrefour de La Marsa. Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants brandissant des drapeaux palestiniens et appelant au boycott de l’enseigne, accusée de « complicité » avec Israël.
Ce qui s’est passé
Les images circulant en ligne font état de heurts à l’entrée du magasin. Des agents de sécurité et des employés de Carrefour sont apparus en train d’intervenir de manière musclée, certains utilisant même des chaises pour repousser les manifestants. Des blessés ont été signalés parmi les protestataires.
Cette mobilisation n’est pas la première du genre : d’autres sit-in pro-palestiniens avaient déjà eu lieu devant des magasins Carrefour en Tunisie. Mais selon plusieurs témoignages recueillis en ligne, la manifestation de La Marsa apparaît plus agressive et a été repoussée avec plus de fermeté par les agents de sécurité de l’enseigne.
De nombreux internautes affirment dans leurs commentaires vouloir désormais boycotter Carrefour en réaction à ce qu’ils considèrent comme une atteinte au caractère pacifique des précédents sit-in. Une page Facebook a même été lancée pour appeler au boycott de l’enseigne.
Réactions et contexte
L’événement relance le débat sur les liens du groupe Carrefour avec Israël.
- En Tunisie, l’enseigne est exploitée par Ulysse Hyper Distribution (UHD), filiale du groupe UTIC, qui affirme gérer ses activités en toute indépendance, avec plus de 5 000 employés.
- Au niveau international, le groupe français Carrefour a conclu en 2022 un accord de franchise avec Electra Consumer Products et sa filiale Yenot Bitan pour s’implanter en Israël. En 2024, l’enseigne a retiré ses produits de marque des magasins situés dans les colonies, tout en maintenant ses partenariats dans le pays.
Une crise de réputation difficile à contenir
Coincée entre son appartenance à un réseau mondial et sa volonté de rassurer les consommateurs tunisiens, Carrefour Tunisie se retrouve au cœur d’une polémique qui dépasse le simple cadre commercial. La gestion de cette crise de réputation pourrait devenir un test décisif pour l’enseigne, tiraillée entre les réalités d’un marché tunisien sensible et les impératifs d’un groupe multinational exposé aux pressions politiques et économiques.
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