Depuis l’entrée en vigueur des amendements au Code du travail en juillet 2025, le marché de l’emploi en Tunisie amorce un tournant structurel. Le passage de la précarité à la stabilité devient une réalité chiffrée : les recrutements en contrats à durée indéterminée (CDI) affichent une progression nette pour les diplômés de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.
Selon Hatem Dahmen, directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), la réforme législative a brisé le cycle des contrats fragiles. La réduction de la période de stage dans le cadre des contrats d’initiation à la vie professionnelle (CIVP) et la suppression quasi systématique des contrats à durée déterminée (CDD) répétitifs ont été les moteurs de cette dynamique.
« Ces mesures visent avant tout à mettre fin au travail précaire, tout en garantissant un emploi décent », explique Dahmen. Pour encourager le secteur privé, partenaire stratégique, l’État a mis en place des incitations financières fortes : une prise en charge de la contribution patronale (CNSS) pouvant atteindre 600 dinars par mois pendant deux ans pour chaque conversion de stage en CDI.
Un accompagnement renforcé pour les jeunes
L’ANETI a revu ses dispositifs pour éviter que les jeunes ne s’éternisent dans l’attente d’une titularisation. Désormais, la durée d’un contrat CIVP au sein d’une même entreprise est strictement limitée à 12 mois.
L’évaluation des bureaux de l’emploi est sans appel : 80% d’entre eux considèrent qu’une deuxième année de stage dans la même structure n’apportait aucune valeur ajoutée. Pour ne pas pénaliser le candidat, si l’entreprise ne recrute pas après un an, le jeune dispose d’une seconde chance de 12 mois supplémentaires dans une structure différente pour maximiser ses chances d’intégration.
« Toutes les ressources budgétaires ont été allouées. L’État s’engage à fournir tous les moyens de financement et d’accompagnement pour atteindre ces objectifs », conclut Hatem Dahmen.
2026 : année du décollage pour l’emploi et l’entrepreneuriat
Pour l’année en cours, l’Agence prévoit une accélération massive de l’emploi salarié et de l’initiative privée. Les moyens mis en œuvre pour faire de 2026 une année charnière sont d’ailleurs jugés colossaux par la direction. Une enveloppe globale de 540 millions de dinars a été mobilisée par l’État pour financer les programmes d’emploi, dont 180 millions de dinars spécifiquement alloués à la programmation de 100 000 contrats CIVP.
Parallèlement, le programme PARDES, dédié à l’appui des diplômés du supérieur, devrait bénéficier à 5 500 nouveaux candidats, tandis que les financements de la BTS visent l’éclosion de 4 000 projets de création d’entreprises.