Une controverse s’est installée ces derniers jours en Tunisie autour de plusieurs contrats liés aux énergies renouvelables, actuellement examinés par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Au cœur du débat : des projets de production d’électricité solaire confiés, sous forme de concessions, à des investisseurs privés.
L’ARP étudie cinq projets de loi portant sur des accords de concession pour la réalisation et l’exploitation de centrales photovoltaïques. Une plenière y est consacré demain mardi. Ces projets s’inscrivent dans la stratégie nationale visant à développer les énergies renouvelables, attirer des investissements et réduire la dépendance énergétique du pays.
En effet, les cinq projets de loi relatifs aux concessions d’énergies renouvelables ont déjà franchi l’étape de l’examen en commission parlementaire. Ils doivent désormais être soumis à une séance plénière demain, au cours de laquelle les députés procéderont au vote final. C’est à ce stade que les textes pourront être adoptés ou rejetés. Ce passage imminent en plénière explique en grande partie la montée des tensions, les critiques et les prises de position s’étant intensifiées à l’approche de cette échéance décisive.
Des critiques sur la souveraineté énergétique
La Fédération générale de l’électricité et du gaz, relevant de l’UGTT, a exprimé son opposition à ces contrats. Elle estime que les concessions accordées à des opérateurs étrangers pourraient affecter la souveraineté énergétique de la Tunisie, en transférant une partie du contrôle du secteur à des acteurs extérieurs.
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Les critiques portent également sur les retombées économiques de ces accords. Des responsables syndicaux évoquent des pertes potentielles pour l’État, notamment en lien avec la gestion des crédits carbone dans des projets précédents. Ils appellent à un examen approfondi des contrats déjà conclus, en particulier ceux signés ces dernières années, avant d’en approuver de nouveaux.
De même, plusieurs députés ont critiqué la version actuelle des contrats estimant que la Tunisie va céder son soleil à des étrangers.
Un manque de concertation dénoncé
Autre point de tension : l’absence, selon les syndicats, de concertation avec les acteurs nationaux du secteur. La fédération estime ne pas avoir été associée aux discussions autour de ces projets, malgré son implication dans le domaine de l’électricité et du gaz.
Cette polémique met en lumière un débat plus large sur les choix énergétiques de la Tunisie. Le pays reste fortement dépendant des importations d’énergie, tandis que la part des renouvelables dans la production électrique demeure limitée. Dans ce contexte, les autorités misent sur l’investissement privé pour accélérer la transition énergétique, une orientation qui continue de susciter des réserves.
Les discussions se poursuivent au sein du Parlement, où ces projets de loi doivent encore être examinés et adoptés.