Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu lundi 16 février 2026 au palais de Carthage la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri. Une rencontre centrée sur « la situation générale dans le pays » et, surtout, sur le fonctionnement de plusieurs services publics jugés défaillants.
Selon la présidence, le chef de l’État a pointé des dysfonctionnements au sein de certains établissements publics « qui ne sont pas gérés comme il se doit ». Il a évoqué une volonté délibérée « d’attiser les tensions » attribuée à ce qu’il qualifie de « résidus de l’ancien système », accusés de chercher à se reconstituer et à entraver l’action de l’État.
Dans ce contexte, Kaïs Saïed a estimé que la Tunisie ne se limite pas à une « révolution législative », mais qu’elle a besoin d’une « révolution administrative » accompagnée d’une « révolution culturelle ». Une formule qui confirme l’orientation politique actuelle : restructurer l’appareil de l’État et redéfinir les rapports entre administration, pouvoir exécutif et citoyens.
La référence explicite à la Révolution du 17 décembre 2010, déclenchée à Sidi Bouzid, ancre le discours présidentiel dans la continuité du processus révolutionnaire. Le chef de l’État lie l’achèvement des objectifs de cette révolution à la réalisation de la justice sociale, présentée comme horizon politique prioritaire.
Un discours sur l’unité et la responsabilité
Sur un autre registre, le président a insisté sur « l’unité de l’État » et sur la nécessité pour les responsables publics d’assumer pleinement leurs charges. Ceux qui « n’ont pas compris le moment historique », a-t-il déclaré, ne peuvent prétendre participer à sa construction. Le message s’adresse autant aux acteurs politiques qu’aux hauts fonctionnaires.
Le chef de l’État a également évoqué un « paysage clair » pour le peuple tunisien, suggérant l’existence de stratégies coordonnées entre certains acteurs politiques. Cette rhétorique, déjà présente dans ses précédentes interventions, vise à opposer un pouvoir présenté comme fidèle aux attentes populaires à des adversaires accusés de manœuvres et de calculs.
Quels enjeux pour la cheffe du gouvernement ?
Pour Sarra Zaafrani Zenzri, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par des tensions sociales, des revendications sectorielles et des critiques sur la qualité des services publics. La référence à une « révolution administrative » pourrait se traduire, à court terme, par des remaniements, des évaluations internes ou un renforcement du contrôle sur certaines structures.
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Au-delà du discours politique, la question centrale demeure celle de l’efficacité : comment améliorer concrètement la performance des services publics, restaurer la confiance et répondre aux attentes sociales, notamment des jeunes et des catégories marginalisées ?

