La Tunisie traverse depuis deux jours un épisode d’intempéries d’une rare intensité, marqué par des pluies diluviennes, des inondations soudaines et des perturbations majeures dans plusieurs régions du pays, notamment le Grand Tunis, le Cap Bon, le Sahel et certaines zones du centre. Routes coupées, quartiers submergés, établissements scolaires fermés et centaines d’interventions de la Protection civile illustrent l’ampleur d’une situation encore évolutive.
Pourtant, malgré la gravité des événements, aucun bilan humain provisoire officiel et consolidé n’a été communiqué à l’échelle nationale, une absence qui interroge alors que les images diffusées sur les réseaux sociaux et les témoignages locaux font état de situations dramatiques.
Selon les informations officielles disponibles au compte-gouttes, au moins quatre décès liés aux inondations ont été enregistrés dans la délégation de Moknine, dans le gouvernorat de Monastir, où des personnes ont été emportées par les eaux ou retrouvées sans vie à l’intérieur de leurs habitations. Ces décès, confirmés par des sources institutionnelles locales et relayés par l’agence TAP, constituent à ce stade les seuls cas officiellement reconnus, sans qu’un chiffre national définitif ou provisoire ne soit annoncé.
En revanche, dans d’autres régions fortement touchées comme Nabeul, Soliman, Kélibia, la Soukra ou certaines zones du Grand Tunis, aucune confirmation officielle de pertes humaines n’a encore été publiée, malgré l’ampleur des dégâts matériels et la mobilisation massive des secours. Cette situation alimente une forme de flou informationnel, entre rumeurs, informations non vérifiées et silence institutionnel partiel.
Sauf que, selon nos informations, une personne placée sous assistance respiratoire à son domicile est décédée à l’hôpital Mongi Slim de La Marsa, après une coupure d’électricité survenue au moment des intempéries. Par ailleurs, à Nabeul, une personne a été retrouvée sans vie après avoir été emportée par les eaux, selon des sources locales.
Rapidité et la violence des intempéries
Plusieurs facteurs expliquent ce retard dans l’annonce d’un bilan humain. D’abord, la rapidité et la violence des intempéries, qui compliquent l’accès à certaines zones et retardent la vérification des informations sur le terrain. Ensuite, la dispersion des sources de données, entre gouvernorats, hôpitaux, Protection civile et forces de sécurité, sans mécanisme de centralisation immédiate. Enfin, la priorité donnée aux opérations de sauvetage et de sécurisation semble reléguer la communication chiffrée au second plan.
Cette absence de bilan provisoire officiel n’est pas sans conséquences. Elle complique l’évaluation réelle de l’impact humain de la catastrophe, freine la coordination de la réponse publique et ouvre la voie à une circulation incontrôlée d’informations sur les réseaux sociaux, souvent exagérées ou imprécises.
Alors que les services de secours poursuivent leurs interventions et que les conditions météorologiques restent instables dans plusieurs régions, la publication rapide d’un bilan provisoire clair et actualisable apparaît comme un enjeu central de transparence et de gestion de crise. Un tel bilan permettrait non seulement d’informer l’opinion publique, mais aussi de tirer les premières leçons d’un épisode climatique extrême appelé, selon les experts, à se reproduire avec une fréquence accrue.
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