Les perturbations climatiques et les pluies exceptionnelles qui se sont abattues sur le pays les 19 et 20 janvier 2026 ont laissé derrière elles d’importants dégâts sur les infrastructures routières. Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat a recensé, dans un premier bilan, 128 sites endommagés, répartis entre 66 points sur les routes classées et 62 points sur les pistes rurales, notamment dans les gouvernorats de Nabeul, Monastir, Bizerte, Manouba, Ben Arous et Zaghouan.
Les pistes rurales particulièrement vulnérables
Selon le directeur général des ponts et chaussées au ministère de l’Équipement, Khaled Atrach, la majorité des dégâts ont été enregistrés au niveau des pistes rurales, en raison de la fragilité de leur infrastructure comparée à celle des routes et des ouvrages d’art. Il a précisé à l’Agence TAP, que ce bilan reste provisoire, les opérations de recensement se poursuivant dans d’autres gouvernorats, notamment à Jendouba et Siliana.
Le gouvernorat de Nabeul arrive en tête des régions les plus touchées, avec 31 points endommagés sur les routes classées et 36 sur les pistes rurales, suivi par celui de Monastir. En revanche, aucune dégradation majeure n’a été signalée au niveau des ponts, conçus pour assurer l’écoulement des eaux et résister aux crues.
Crues, boue et effondrement des accotements
Les dégâts observés sont dus principalement aux crues des oueds, à la montée rapide du niveau des eaux, à l’effet des pentes, ainsi qu’à l’accumulation de boue et de sédiments. Plusieurs accotements, ouvrages hydrauliques et passages ont été endommagés à des degrés divers. Parmi les axes concernés figurent notamment la route régionale n°27 reliant Nabeul à Korba, la route régionale n°28 en direction d’El Fahs et Hammamet, ainsi que la route régionale n°44 reliant Beni Khalled à Korba.
A ce jour, sept points routiers et pistes rurales demeurent encore fermés à la circulation, dont deux pistes dans les gouvernorats de Ben Arous et de Nabeul, une route à Bizerte et une autre à Jendouba. Les services du ministère s’emploient à rétablir la circulation dans les plus brefs délais afin de désenclaver les zones touchées, en attendant la réalisation d’études techniques pour engager des réparations en profondeur. La reprise progressive du trafic est attendue dans les prochains jours, selon l’état des routes.
Khaled Atrach a également indiqué que les équipes du ministère ont réussi à rouvrir trois routes dans le gouvernorat de Tataouine, récemment affecté par des tempêtes de sable et l’ensablement de plusieurs pistes, en collaboration avec une entreprise privée, compte tenu des moyens limités de la direction régionale.
Vers une révision des normes de conception
Le responsable a, par ailleurs, attiré l’attention sur les nouveaux défis imposés par les changements climatiques, notamment la hausse du niveau des crues dépassant parfois la capacité des ouvrages hydrauliques existants, l’érosion des fondations et la dégradation des couches de chaussée sous l’effet de la saturation en eau.
Il a souligné la nécessité de revoir les normes de conception, en portant les périodes de retour de 20 à 100 ans pour les axes à forte circulation, et en adoptant des marges de sécurité supplémentaires adaptées aux spécificités de chaque site.
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