Près de trois ans après l’évasion spectaculaire de cinq détenus considérés parmi les plus dangereux du pays, la justice a rendu une nouvelle décision majeure. La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a confirmé, ce mardi 23 juin 2026, les lourdes peines prononcées en première instance contre les membres du groupe, dont certaines atteignent soixante ans de prison.
Cette décision clôt une étape importante d’un dossier qui avait provoqué une onde de choc sécuritaire et politique à l’automne 2023.
Des peines confirmées pour un dossier à haute portée sécuritaire
La Cour d’appel a validé l’ensemble des jugements rendus en première instance contre les cinq terroristes évadés de la prison civile de Mornaguia.
Les accusés étaient poursuivis pour leur évasion, mais également pour une série de faits commis durant leur cavale, notamment une attaque armée contre une agence bancaire à Boumhel.
Selon les éléments de l’enquête, cette opération visait à obtenir des ressources financières destinées à soutenir leur fuite et à financer leurs activités clandestines. Les assaillants avaient réussi à dérober près de 20.000 dinars avant d’être progressivement localisés puis arrêtés par les forces de sécurité.
Du braquage de Boumhel à la traque des fugitifs
Après leur évasion, les membres du groupe avaient déclenché une vaste opération de recherche mobilisant plusieurs unités sécuritaires. Les investigations avaient permis d’identifier leur implication dans le braquage de l’agence bancaire de Boumhel.
Les opérations de traque menées dans plusieurs régions du pays avaient finalement abouti à leur arrestation. Quatre membres du groupe avaient été capturés le 7 novembre 2023 dans la zone montagneuse de Boukornine, dans le gouvernorat de Ben Arous. Le cinquième fugitif avait été arrêté deux jours plus tôt à la Cité Ettadhamen, dans le gouvernorat de l’Ariana.
Ahmed « Somali », figure centrale du dossier
Parmi les condamnés figure Ahmed Melki, plus connu sous le surnom de « Somali », considéré comme l’un des éléments les plus dangereux du groupe.
Son nom apparaît également dans plusieurs procédures judiciaires liées aux affaires des assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, deux crimes politiques qui continuent d’occuper une place centrale dans la mémoire collective et les débats judiciaires en Tunisie.
Sa présence parmi les évadés avait fortement contribué à l’ampleur médiatique et sécuritaire de l’affaire de la Mornaguia.
Les faits remontent au 31 octobre 2023 lorsque Ahmed Melki, Ameur Balaâzi, Raed Touati, Alaa Ghazouani et Nader Ghanmi avaient réussi à s’échapper de la prison civile de Mornaguia.
Cette fuite de détenus classés extrêmement dangereux avait immédiatement déclenché un état d’alerte national et soulevé de nombreuses interrogations sur les circonstances de leur évasion.
L’enquête ouverte à la suite des événements ne s’est d’ailleurs pas limitée aux seuls fugitifs. Plusieurs agents et responsables de l’administration pénitentiaire ont également fait l’objet de poursuites pour des soupçons de manquements professionnels ou de possibles complicités.
Avec la confirmation des peines en appel, la justice consolide aujourd’hui les condamnations prononcées contre les principaux protagonistes d’une affaire qui demeure l’une des plus marquantes de l’histoire récente du système pénitentiaire tunisien.
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