Le don d’organes reste confronté à un obstacle majeur en Tunisie. Selon les statistiques du Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO), 70 % des familles de personnes décédées refusent le prélèvement d’organes sur leurs proches, freinant ainsi le développement de la transplantation et les chances de survie de nombreux patients.
Présenté jeudi 1er octobre 2026, à l’occasion d’une journée de sensibilisation organisée au siège du gouvernorat de Nabeul, ce constat souligne l’urgence de renforcer les campagnes de sensibilisation et d’encourager les citoyens à exprimer leur volonté de faire don de leurs organes.
Seulement 17 000 Tunisiens portent la mention « donneur »
Face à ces réticences, le CNPTO mise notamment sur l’inscription de la mention « donneur » sur la carte d’identité nationale. À ce jour, seuls 17 000 Tunisiens ont franchi cette démarche, selon Bouthaïna Zénad, coordinatrice nationale au sein du centre.
L’objectif est de faciliter l’expression du consentement au don d’organes et de sensibiliser davantage la population, notamment les citoyens qui se rendent dans les services concernés pour obtenir ou renouveler leur carte d’identité.
Cette journée de sensibilisation, organisée en collaboration avec la direction régionale de la santé et les services du ministère de l’Intérieur, a également mobilisé les agents de la police technique et scientifique ainsi que les unités de la circulation et de la Garde nationale. Ces derniers jouent notamment un rôle essentiel dans le transport rapide des organes prélevés entre les différentes régions du pays.
Les organisateurs ont également rappelé que le prélèvement et la transplantation d’organes sont encadrés par un dispositif juridique précis, appliqué dans six établissements hospitaliers publics tunisiens, et qu’ils sont compatibles avec les principes de l’islam.
1 600 patients en attente d’une greffe de rein
Derrière ces chiffres se dessine une situation particulièrement préoccupante pour les patients atteints d’insuffisance rénale. La Tunisie compte actuellement près de 14 000 personnes sous dialyse, dont 30 % auraient besoin d’une transplantation rénale. Quelque 1 600 patients sont déjà inscrits sur les listes d’attente, selon les données communiquées par le CNPTO.
Le nombre de patients en attente augmente d’environ 300 personnes chaque année, alors que les greffes réalisées à partir de donneurs en état de mort cérébrale ne dépassent pas 30 par an. À cela s’ajoutent quelque 80 transplantations rénales effectuées annuellement à partir de donneurs vivants.
La situation est également préoccupante pour les personnes ayant besoin d’une greffe du cœur ou du foie, pour lesquelles la transplantation constitue une solution thérapeutique essentielle. Environ 50 patients sont concernés chaque année, tandis que les greffes réalisées à partir de donneurs décédés se limitent à une moyenne annuelle de 12 transplantations cardiaques et 12 transplantations hépatiques.
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Du 1er janvier au 30 septembre 2026, 34 opérations de transplantation d’organes ont été réalisées en Tunisie, dont un quart au bénéfice d’enfants, a indiqué Mohamed Hédi Fekhraoui, coordinateur national du CNPTO.
Ces données mettent en évidence le décalage entre les besoins croissants des patients et le nombre limité de greffes réalisées. À travers ses campagnes de sensibilisation dans les différentes régions du pays, le centre entend ainsi lever les réticences autour du don d’organes et promouvoir une démarche susceptible de sauver des vies.