La visite en Tunisie de l’expert américain M.K. Palmore dépasse le cadre d’un simple échange sur les cybermenaces. Quelques jours auparavant, un contrat américain de 524.475 dollars consacré au développement des compétences tunisiennes en cybersécurité avait été attribué à MITRE, tandis que Washington évoque désormais ouvertement les secteurs de la santé, de la finance et des télécommunications.
L’ambassade des États-Unis à Tunis a indiqué que M.K. Palmore avait rencontré, le 29 septembre, l’ambassadeur américain afin d’évoquer la construction de systèmes de cybersécurité « sûrs et résilients » et l’adoption de standards communs entre les deux pays.
Selon la représentation américaine, ces standards doivent notamment permettre aux entreprises tunisiennes et américaines de mieux travailler ensemble.
Un contrat américain jusqu’en 2028
Cette visite intervient surtout quelques jours après une opération passée beaucoup plus discrètement.
Les bases de données des marchés publics fédéraux américains font apparaître un contrat de 524.475 dollars attribué le 24 septembre 2026 à The MITRE Corporation pour des « Tunisia Cyber Workforce Development Support Services », soit des services de soutien au développement des compétences tunisiennes en cybersécurité.
Le contrat porte la référence 1333ND26FNB770147. Le National Institute of Standards and Technology (NIST) apparaît comme agence contractante, tandis que le financement est rattaché au Naval Information Warfare Systems Command. Sa période d’exécution peut aller jusqu’au 30 août 2028.
Il s’agit donc d’un programme spécifiquement identifié comme concernant la Tunisie et non d’un financement général consacré à la cybersécurité américaine.
Santé, finance et télécommunications
Le communiqué de l’ambassade donne parallèlement une dimension économique à la visite de Palmore.
L’expert américain doit rencontrer plusieurs interlocuteurs tunisiens pour discuter de la manière dont la Tunisie pourrait bénéficier des solutions de sécurité proposées par les entreprises américaines.
Trois domaines sont explicitement cités : la santé, la finance et les télécommunications.
Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, de l’annonce de contrats commerciaux attribués à des fournisseurs américains. La démarche montre plutôt une volonté de rapprocher les standards, les compétences et les solutions technologiques des deux pays dans des secteurs particulièrement sensibles.
Invité le 29 septembre sur Express FM, Palmore a d’ailleurs directement évoqué les banques, les opérateurs télécoms et les acteurs du paiement électronique tunisiens, estimant qu’une interruption de leurs systèmes pourrait rapidement avoir des conséquences opérationnelles et financières.
Il a également souligné le potentiel des compétences tunisiennes dans les sciences, la technologie et l’ingénierie, allant jusqu’à évoquer la possibilité de collaborer à l’avenir avec des ingénieurs tunisiens au sein de sa propre entreprise, Apogee Global.
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La Tunisie n’est pas un cas isolé
Un élément montre enfin que Washington semble inscrire cette démarche dans un cadre régional.
Le même 24 septembre, MITRE a obtenu un autre contrat portant sur le « Morocco Cyber Workforce Development Support Services ». Son montant atteint 567.945 dollars et son échéance est également fixée au 30 août 2028.
La concomitance des deux opérations suggère ainsi un programme américain plus large de développement des compétences cyber au Maghreb, parallèlement à la recherche d’une plus grande compatibilité entre standards et solutions de sécurité.
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